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Harper se vante de respecter les compétences du Québec

Dans une lettre envoyée au premier ministre Philippe Couillard hier, le chef conservateur Stephen Harper vante son « fédéralisme d'ouverture » dans ses relations avec le Québec. Il affirme être le « seul parti qui respecte les compétences » des provinces.

En août, M. Couillard a demandé à tous les chefs des engagements clairs sur un certain nombre de dossiers, dont les transferts en matière de santé, le pouvoir fédéral de dépenser, les changements climatiques, le financement de Radio-Canada, le projet de loi antiterroriste et le péage sur le futur pont Champlain, entre autres. Justin Trudeau a été le premier à y répondre, il y a un mois.

Dans sa réponse, Stephen Harper omet d'aborder certaines préoccupations du Québec, dont le péage sur le pont, décrié par le gouvernement Couillard. Rien non plus sur l'injection d'argent dans le diffuseur public.

Stephen Harper se lance essentiellement dans la défense de son bilan. À titre d'exemple de bonne entente avec le Québec, le premier ministre sortant mentionne l'harmonisation des taxes de vente qui a valu à la province une compensation de 2,2 milliards de dollars, l'accord sur le logement abordable qui permet au Québec d'établir ses priorités, de même que le programme fédéral d'infrastructures qui va donner à la province 19 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour ses chantiers prioritaires.

Oui à l'encadrement de pouvoir de dépenser du fédéral

M. Harper affirme qu'il vise toujours un encadrement du pouvoir fédéral de dépenser lorsqu'il s'agit de mettre sur pied des programmes pancanadiens dans des domaines qui relèvent de la compétence des provinces.

Il soutient que son gouvernement conservateur s'abstient déjà de créer de nouveaux programmes dans les champs de compétence des provinces, et précise qu'il n'hésiterait pas à verser au Québec une juste compensation financière et lui donnerait un droit de retrait dans l'éventualité où il voudrait créer un nouveau programme dans un tel domaine.

M. Harper en profite pour lancer des flèches à ses adversaires néo-démocrates et libéraux.

« Je suis étonné que de constater que tant le NPD que les libéraux durant cette élection mettent de l'avant des empiètements directs sur les compétences du Québec. Ils proposent des interventions - par exemple, le NPD a proposé de nommer un ministre des Affaires urbaines s'il est porté au pouvoir et, comme vous le savez, l'Assemblée nationale a adopté en mai dernier une motion pour dénoncer toute tentative en ce sens.

Sur la question des transferts fédéraux, M. Harper souligne que le Québec obtient cette année 20,4 milliards d'Ottawa, soit près de 8,4 milliards de plus que ce qu'il obtenait sous le précédent gouvernement libéral.

Dans sa lettre aux chefs, Philippe Couillard accusait, au contraire, Ottawa d'avoir réduit les transferts canadiens en matière de santé, en modifiant unilatéralement les paramètres de calcul.

Sur la loi antiterroriste, connue comme C-51, le premier ministre du Québec demandait que le Service canadien du renseignement de sécurité soit mieux encadré. Mais Stephen Harper ne montre aucune ouverture : « Nous rejetons l'argument selon lequel chaque fois que nous parlons de sécurité, nos libertés sont menacées ».

Par ailleurs, le chef conservateur affirme que de « plus en plus de Québécois » lui disent se reconnaître dans les priorités de son parti, soit l'économie et la sécurité.
Il souligne également les affinités du Parti libéral du Québec avec les conservateurs canadiens.

« Vous êtes vous-même engagé dans une opération de contrôle des dépenses au Québec. Vous savez que ce n'est pas le moment pour une avalanche de nouvelles dépenses qui se traduiront en hausses de taxes et d'impôts pour les contribuables, ce qui ruinerait notre économie et nous laisserait vulnérables face à des crises économiques dans le futur. C'est pourtant exactement ce que proposent le PLC et le NPD », écrit M. Harper. 

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