Donald Trump a promis jeudi un don personnel d'un million de dollars américains après le passage de l'ouragan Harvey, qui a déjà fait au moins 33 morts et forcé 32 000 personnes à quitter leur résidence.

« [Le président] promet fièrement de donner personnellement un million de dollars aux personnes au Texas et en Louisiane », les deux États touchés par l'ouragan, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

Avec des vents de 30 km/h, l'ouragan Harvey est rétrogradé au rang de dépression tropicale et se retire enfin vers le nord-est, où les vents forts finiront de le dissiper dans les prochains jours.

Le cauchemar engendré par son passage est toutefois loin d'être terminé.

Harvey pourrait devenir l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l'histoire des États-Unis, avec une facture susceptible de s'élever à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

« Nous avons plusieurs estimations, mais il semble que 100 000 foyers ont été touchés », a déclaré jeudi le conseiller à la sécurité intérieure de Donald Trump, Tom Bossert.

Plus tôt jeudi, la Maison-Blanche a demandé au Congrès américain de débloquer des fonds d'urgence pour venir en aide aux victimes.

Avec une bonne partie de Houston, quatrième ville américaine en importance, encore sous les eaux, des milliers de personnes se sont réfugiées en Louisiane. Au centre administratif de Lake Charles, transformé en centre d'accueil, quelque 1200 personnes s'entassent déjà, et des centaines d'autres sont attendues.

Les équipes de secours et de nombreux bénévoles continuent à sillonner en bateau les zones inondées à la recherche de gens piégés par la montée des eaux, mais près d'une semaine après que Harvey eut frappé le sud du Texas, le stress et la fatigue se font de plus en plus sentir.

« C'est maintenant qu'on commence à atteindre le point où trop c'est trop », a indiqué le coordonnateur bénévole pour l'association baptiste Carey, Bruce Baker.

Pluies torrentielles en Louisiane, l'eau commence à se retirer au Texas

Tandis que la tempête tropicale Harvey continue de déverser des pluies diluviennes sur les États de la Louisiane et du Mississippi, le soleil est revenu au Texas, où l’eau commence à se retirer lentement des vastes zones inondées.

Le vice-président Mike Pence s'est rendu au Texas jeudi pour constater l’état de la situation et apporter son soutien aux sinistrés, deux jours après le passage du président Trump.

À Houston, les autorités civiles, la garde nationale, les services publics et les citoyens travaillent activement pour rétablir les services essentiels.

Jeudi, le métro, la collecte des ordures et divers services municipaux étaient en voie d’être rétablis dans les secteurs asséchés de la ville. Plusieurs autoroutes ont aussi été rouvertes à la circulation, tout comme les deux aéroports de la ville.

L’électricité a également été rétablie dans de nombreux secteurs de Houston où le nombre de foyers privés de courant était évalué à 59 000 jeudi matin.

Les citoyens hébergés dans les centaines de centres d’accueil et d'abris d’urgence aménagés par les autorités ont aussi commencé à rentrer chez eux.

Avec la décrue, les pompiers et les secouristes ont maintenant la lourde tâche d’inspecter chaque maison à la recherche de survivants, mais aussi de cadavres.

Selon un bilan préliminaire, l’ouragan Harvey a fait au moins 33 morts depuis qu’il a touché les côtes du Texas, vendredi dernier.

Des dizaines de villes isolées par les eaux

Alors qu'à Houston les choses semblent vouloir s'améliorer, la situation demeure très préoccupante, voire critique, dans des centaines de villes et de localités inondées, notamment entre Lake Charles et Houston.

À Beaumont notamment, une ville de 118 000 habitants située à l’est de Houston, les citoyens sont complètement privés d’eau courante, après une panne majeure des services d’eau de la ville, et d'électricité.

Dans de nombreuses petites villes, la population est laissée à elle-même faute de secours et de ressources suffisantes.

Mercredi, le gouverneur du Texas, Greg Abbott a déclaré que 24 000 gardes nationaux seront déployés à terme dans l’État pour venir en aide aux citoyens et assurer leur sécurité dans les zones sinistrées.

Explosion dans une usine pétrochimique du Texas

Les inondations ont provoqué au moins deux explosions sur le site de l'usine pétrochimique Arkema, au nord de Houston.

La direction de l’usine située à Crosby, à une quarantaine de kilomètres de Houston, affirme avoir été alertée par le Centre d'opérations d'urgence du comté de Harris que des explosions avaient été observées en pleine nuit dans ses installations.

Elle prévient que de nouvelles explosions pourraient survenir.

« Depuis dimanche matin, les salles d'entreposage ne sont plus refroidies, compte tenu des coupures d'électricité et du non-fonctionnement des génératrices de secours, hors d'usage à cause des inondations », a expliqué la direction d'Arkema.

Selon la direction, sans système de refroidissement, les produits stockés dans l'usine deviennent hautement volatils et peuvent prendre feu ou exploser.

Les incendies qui ont précédé les explosions ont dégagé une épaisse fumée noire potentiellement irritante pour les yeux, la peau et les poumons, a prévenu la direction de la filiale américaine du groupe pétrochimique français.

Après une analyse de la fumée, l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) et les responsables locaux ont toutefois déclaré qu'il n'y avait pas lieu de s'alarmer.

Au moins 15 policiers ont dû se rendre à l'hôpital pour une irritation des yeux, a indiqué le shérif du comté de Harris, Ed Gonzalez. Aucune blessure grave n'a cependant été signalée.

Les pompiers du comté ont confirmé « une série de réactions chimiques » et ont conseillé à la population d'éviter le secteur. Ils ont estimé à deux tonnes la quantité de peroxyde organique qui a brûlé dans les incendies.

« L'installation est entourée d'eau en ce moment, donc nous ne nous attendons pas à ce que le feu se propage », a toutefois précisé la porte-parole des pompiers du comté, Rachel Moreno.

Le groupe pétrochimique fabrique dans ces installations des peroxydes organiques, un composé qui entre dans la fabrication de plastiques et de produits pharmaceutiques.

Redoutant une explosion sur le site depuis un moment, les autorités locales avaient fait évacuer un périmètre de plus 2,5 km autour de l'usine plus tôt cette semaine.

L'usine est située le long d'un tronçon au nord de Houston, où se trouve l'une des plus grandes concentrations de raffineries, pipelines et autres usines chimiques au pays.

D'après le quotidien Houston Chronicle, les autorités et la direction de la compagnie ont convenu de laisser les produits brûler sur place, étant donné les risques engendrés par leur volatilité extrême.

La direction des incendies a dit aux citoyens de ne pas s'approcher de l'usine et de ne pas entrer dans la zone évacuée, puisque d'autres explosions sont à prévoir.

Le patron de l'entreprise, Rich Bowe, a prévenu qu'il n'y a « aucune façon » d'empêcher les explosions dans l'usine. Une porte-parole d'Arkema, Janet Smith a pour sa part expliqué que l'incendie serait « explosif et intense ».

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