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Hassan Diab réclame une enquête publique sur son extradition

Des groupes de pression en appui à Hassan Diab, accusé d'activités terroristes et libéré récemment par la justice française faute de preuves contre lui, exigent des comptes du gouvernement canadien, qui a emprisonné l'ex-professeur universitaire et l'a extradé vers la France à la demande des autorités françaises.

Amnistie internationale et le Comité de soutien à Hassan Diab ont réclamé un examen de la procédure d'extradition qui a été suivie dans son cas et une enquête publique pour faire la lumière sur tout le contexte menant à son extradition et son emprisonnement.

Arrêté au Canada en novembre 2008, à la demande des autorités françaises, l'ancien professeur de sociologie de l'Université d'Ottawa était soupçonné « d'assassinats, de tentatives d'assassinats et de destruction de biens par l'effet d'une substance explosive ou incendiaire commise en bande organisée », à la suite d'un attentat à la bombe devant une synagogue à Paris, rue Copernic, en 1980. Il a toujours clamé son innocence.

Les groupes ont formulé ces deux demandes lors d'un point de presse à Ottawa mercredi.

Une loi « pourrie »

Hassan Diab s'est dit heureux d'être de retour chez lui avec sa famille, après « 1154 jours d'emprisonnement en France ».

L'homme qui a été extradé vers la France et y a été emprisonné en novembre 2014 avait été arrêté en novembre 2008 à Ottawa. Il avait été placé sous étroite surveillance et avait dû porter un bracelet électronique pendant les procédures d'extradition par la justice française.

M. Diab dit d'ailleurs avoir une mission à court terme : « se débarrasser de la loi canadienne sur l'extradition, qui est pourrie ».

Le porte-parole du Comité de soutien à Hassan Diab, Roger Clark, a expliqué que cette loi avait échoué dans le cas de M. Diab.

« Dans la situation actuelle, la loi elle-même manifestement est mauvaise », a indiqué M. Clark. « Je crois que Hassan l'a qualifiée de lousy. C'est fort et ça mérite d'être critiqué profondément. »

Le Comité exige une révision complète de la Loi sur l'extradition, afin d'éviter que d'autres Canadiens subissent le même sort que M. Diab.

Il demande également au gouvernement canadien de tenir une enquête publique sur les circonstances qui ont mené à l'arrestation de M. Diab et à son extradition.

Réaction de Jody Wilson-Raylbould

Dans une réponse par courriel, un porte-parole de la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, indique que la ministre a demandé à des fonctionnaires de revoir « l’efficacité des mesures de protection offertes par la Loi sur l’extradition », et de « passer en revue les enseignements qui peuvent être tirés » de la cause d'Hassan Diab.

Pas de poursuite contre le gouvernement

Même si Hassan Diab déplore les ratés du gouvernement fédéral dans son cas, il n'a pas l'intention de poursuivre Ottawa et de réclamer des dommages et intérêts pour les torts que sa famille et lui ont subis depuis 2008.

Il a indiqué qu'il ne voulait pas imposer ce fardeau financier aux contribuables canadiens.

L'ancien professeur de sociologie de l'Université d'Ottawa dit toutefois que s'il reçoit des dédommagements du gouvernement, l'argent ira au Comité de soutien qui s'est battu pour sa libération et son rapatriement « afin de défendre d'autres victimes comme moi ».

« S'il en reste, dit-il, j'irai m'acheter un café », a indiqué M. Diab en souriant.

Hassan Diab n'est toutefois pas au bout de ses peines. Le parquet de Paris a décidé de porter en appel la décision de juges d'instruction français d'abandonner les charges contre lui et de le libérer.

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