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Hillary Clinton et l'avancement des femmes : « Nous sommes tous debout sur le plafond de verre »

Hillary Clinton est la candidate du Parti démocrate à la présidentielle du 8 novembre prochain aux États-Unis. C'est une première, c'est un moment historique, c'est une claire avancée pour les femmes et pour l'humanité.

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

Qu'on aime ou non Hillary Clinton, qu'elle soit la candidate de l'establishment ou non, que vous soyez heureux de sa victoire ou déçu de la défaite de Bernie Sanders, un fait demeure : pour la première fois de l'histoire des États-Unis, une femme sera candidate d'un grand parti à la présidence du pays.

« Nous sommes tous debout sur le plafond de verre en ce moment », a déclaré Hillary Clinton dans son discours de victoire mardi soir à Brooklyn en faisant référence à cette barrière invisible qui empêche les femmes d'avoir accès à des postes de haut niveau. Aujourd'hui, Hillary Clinton ouvre la voie aux femmes, qui peuvent, elles aussi, espérer atteindre les plus hauts échelons de la société.

Ce plafond de verre est bien réel. Les postes de décision et de direction sont encore occupés très majoritairement par des hommes. C'est vrai aux États-Unis, c'est le cas aussi chez nous.

Dans une étude publiée mardi, le groupe Catalyst révèle que seulement deux personnes sur dix dans les conseils d'administration d'entreprises en bourse au Canada sont des femmes. À 20,8 %, le Canada est loin de la Norvège, de la Finlande, de la France et de la Suède, qui dépassent la barre des 25 %.

Des cibles pour réussir

Même si les femmes représentent la moitié de la population au travail et plus de la moitié des jeunes qui obtiennent un diplôme postsecondaire, le monde des décideurs demeure largement occupé et contrôlé par les hommes. Pour changer les choses, pour casser la dynamique, des gouvernements ont décidé d'adopter des politiques qui imposent des cibles obligatoires.

En 2003, la Norvège a adopté une cible de 40 % de représentation féminine sur les conseils d'administration des sociétés en bourse, les menaçant d'un retrait de la bourse d'Oslo en cas de non-adhésion à la nouvelle règle. En 2006, le Québec a choisi de fixer à 50 % la place des femmes dans les conseils d'administration des 22 sociétés d'État. Ainsi, de 2006 à 2011, la place des femmes sur ces conseils est passée de 28 à 52 %.

Voilà que l'Ontario emboîte le pas en annonçant que 40 % des sièges des conseils d'administration des entités gouvernementales devront être occupés par des femmes dès 2019. Le gouvernement Wynne va plus loin. Il demande aux entreprises privées d'avoir au moins 30 % de femmes sur leur C.A. dès 2017.

Le Canada en retard

On part de loin au Canada, puisque sur les 100 plus grandes entreprises au Canada, seulement 9 % sont dirigées par des femmes au poste de PDG. Et parmi les 100 PDG les mieux payés au pays, on ne compte que deux femmes. La moitié des entreprises à la Bourse de Toronto n'ont pas une seule femme qui siège dans leur conseil d'administration.

Dans un rapport du Forum économique mondial publié en 2014, le taux d'accès, dans le monde, au marché du travail, à la rémunération et à l'avancement professionnel représentait 60 % de celui des hommes. Ce taux augmente lentement, l'écart se rétrécit. Mais, au rythme actuel, la parité homme-femme n'arrivera qu'à la fin du siècle.

Est-ce que Hillary Clinton viendra inspirer de nouvelles avancées, plus rapides, plus en phase avec la réalité démographique, sociale, économique? Est-ce qu'on devrait, chez nous, pendant ce temps, aller plus loin et demander à nos entreprises d'en faire plus en leur imposant des cibles à 30 %, 40 %, voire 50 %?

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