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Hongrie : les multiples visages de la crise des migrants

La Hongrie vient d'installer 170 km de fils barbelés le long de sa frontière. Rien toutefois n'empêche les migrants de continuer à entrer par centaines au pays. Si la plupart rêvent de l'Allemagne, le long chemin de l'exil reste parsemé d'embûches.

Un photoreportage de Jean-François Bélanger

L'installation par la Hongrie de fils barbelés le long de sa frontière avec la Serbie a suscité les critiques de la France, qui accuse Budapest d'être infidèle aux « valeurs de l'Europe ». Reste que les barbelés n'ont pas réussi à empêcher les migrants de sauter par-dessus la clôture. Une autre barrière est d'ailleurs en construction par l'armée hongroise, celle-là haute de trois mètres. 

Des milliers de migrants syriens arrivent chaque jour en Hongrie. Même si leur avenir est incertain, la joie se voit sur les visages. Ils sont heureux d'être enfin en Europe. 

La gare de Budapest s'est transformée en refuge pour les migrants nouvellement arrivés. Une règle européenne les oblige à demander l'asile dans le premier pays européen où ils arrivent. Même s'ils préféreraient prendre le train vers l'Allemagne, ils doivent se contenter de le regarder partir. En attendant, les passeurs font des affaires d'or. 

À la frontière entre la Serbie et la Hongrie, la police distribue de l'eau et de la nourriture aux migrants. Mais en plus d'avoir faim et soif, ils ont aussi un cruel besoin d'informations. Les migrants ne savent pas où aller pour demander l'asile. Ils craignent d'être retournés dans leur pays. 

Et une fois arrivés en Hongrie, quelle est la première chose qu'ils voient? Des journalistes et caméras de télévision. « Fingerprints? » demandent-ils alors, ou « empreintes digitales ». Pour ces migrants, s'enregistrer en Hongrie signifie qu'ils devront y rester. Parmi ceux qui rêvent de l'Allemagne, certains préfèrent rebrousser chemin. Les autres, désemparés et inquiets, questionnent les journalistes, les seuls sur place à leur donner de l'information. 

Originaire de la Syrie, Amjad Almonier (à droite sur la photo) vient d'arriver en Hongrie. Il assure que ce n'est pas par choix. « J'ai sept ans d'expérience et une maîtrise en économie, mais j'ai tout perdu pendant la guerre. Mon pays a été détruit. C'est ce qui me rend triste », a-t-il laissé tomber, au bord des larmes. « J'aurais préféré bâtir mon avenir dans mon propre pays. Pas voir mon peuple dans cet état-là », a-t-il poursuivi, montrant ces migrants qui continuent d'affluer en provenance de la frontière. 

Après 26 jours de marche, Ismaïl Darwish et sa famille sont simplement heureux d'avoir atteint l'Europe, loin des bombardements de Kobané, en Syrie. Ingénieur en informatique, Ismaïl rêve de s'installer en Norvège, où vit déjà son frère. Il a appelé sa fille de 11 mois Noujine, ce qui signifie « vie nouvelle ». 

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