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Huit personnes handicapées retrouveront un peu d'autonomie grâce à un bras robotisé

Dany Martel n'avait que 15 ans lorsqu'un accident de voiture l'a privé de l'usage de ses jambes et de ses bras. Plus de 30 ans après ce drame, le résident de Shawinigan s'apprête à retrouver un peu de liberté grâce à un bras robotisé qui lui sera offert par la Fondation Le Pont vers l'autonomie.

Un texte d'Alexandre Duval

Dany Martel a découvert le bras robotisé de la compagnie Kinova, localisée à Boisbriand, il y a plus d'un an grâce à un ami de Trois-Rivières qui en possédait un. Dès qu'il l'a essayé, Dany a su que c'était exactement ce qu'il lui fallait. Son petit monde venait de basculer.

Le bras JACO 3 doigts, de Kinova, peut accomplir un total de 16 mouvements dans toutes les directions. Fixé sur le fauteuil roulant de la personne handicapée, il peut être contrôlé de plusieurs façons, en fonction des capacités du bénéficiaire.

Avec sa tétraplégie, Dany utilisera les mouvements de sa tête, avec laquelle il dirige déjà son fauteuil roulant électrique, pour maîtriser JACO 3 doigts.

« C'est assez impressionnant ce qu'on peut faire avec [ce bras]! La première affaire que j'ai faite [lorsque je l'ai essayé], c'est d'aller chercher une pilule sur la table de cuisine, puis après ça, mon café pour avaler la pilule! » raconte Dany Martel, le sourire aux lèvres, conscient qu'il s'agissait pour lui d'une première en plus de trois décennies.

Un premier contact

Peu de temps après cette découverte, Dany Martel s'est activé. Il est entré en contact avec Samuel Fleurent-Beauchemin, le créateur de la Fondation Le Pont vers l'autonomie, qui offre des équipements technologiques pour pallier les handicaps de personnes avec des limites physiques sévères.

Depuis plus de deux ans, le jeune homme originaire de Victoriaville consacre une grande partie de son temps à essayer d'amasser des fonds pour acheter des bras robotisés aux personnes dans le besoin.

Son propre frère, qui était atteint de dystrophie musculaire, avait pu bénéficier d'un bras de la compagnie Kinova avant sa mort, en 2014.

Depuis, Samuel, qui n'a que 25 ans, travaille pour qu'un maximum de personnes handicapées puissent jouir de cette avancée technologique, tout comme son frère.

L'existence de la Fondation repose sur le fait que la Régie de l'assurance maladie du Québec ne couvre pas l'achat de tels bras robotisés. Les personnes qui souhaitent s'en procurer un, à l'instar de Dany, doivent donc trouver elles-mêmes le financement pour y parvenir.

Une vaste campagne de financement

Pour recevoir son bras robotisé, Dany Martel s'investira dans la campagne de la fondation de Samuel Fleurent-Beauchemin, intitulée « Soyez le Pont ». Le lancement de cette campagne, qui vise à offrir des bras robotisés JACO 3 doigts à huit personnes à travers le Québec d'ici juillet 2016, doit avoir lieu en novembre.

Pour atteindre son objectif, « Soyez le Pont » devra recueillir 400 000 $ et compte sur l'aide du public. « Pour transformer ces vies-là pour les 20 prochaines années, puis s'assurer qu'il y ait une formation, un suivi, l'entretien, les réparations et que le bras robotisé est toujours en action, c'est 50 000 $ par bras, donc 400 000 $ au total », explique Samuel Fleurent-Beauchemin.

Partout au Québec, au cours des prochains mois, les futurs bénéficiaires des bras robotisés se dévoueront donc au maximum de leurs capacités à leur campagne de financement en ligne et sur le terrain. Déjà, un souper spaghetti et un méchoui sont prévus à la mi-novembre en Mauricie afin d'amasser des fonds pour la campagne de Dany Martel.

Une petite révolution du quotidien

Avec un bras robotisé JACO 3 doigts, les petits gestes du quotidien redeviendront possibles pour Dany Martel. « Me brosser les dents, me faire la barbe, ouvrir le frigidaire, aller me chercher une bouteille d'eau! Aller prendre un café sur une terrasse tout seul... Manger! » énumère-t-il. Toutes ces choses, il ne peut plus faire par lui-même depuis qu'il est devenu tétraplégique.

L'homme de 45 ans compte actuellement sur le soutien d'un préposé, qui lui prodigue les soins personnels et le fait manger tous les jours de la semaine, de 8 h 30 à midi.

Le soir, c'est son colocataire qui le nourrit avant de le mettre au lit.

Dany Martel est convaincu qu'avec un bras robotisé, il sera en mesure d'accomplir beaucoup plus de choses en une seule journée. Et il espère avoir l'occasion de le prouver d'ici Noël, si sa campagne va bon train.

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