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Hydro-Québec doit se repositionner sur la scène internationale, dit Philippe Couillard

À l'occasion de sa première visite à Washington, Philippe Couillard avait au programme vendredi après-midi une rencontre avec le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. En point de presse avant cet entretien, le premier ministre du Québec s'est dit assuré qu'Hydro-Québec figurerait en bonne place dans les discussions.

Pour M. Couillard, il est indéniable qu'Hydro-Québec doit redevenir le joueur d'importance qu'il a déjà été dans le monde. Et c'est le président de la Banque mondiale lui-même qui a insisté pour que ce soit le cas.

En effet il y a quelques semaines, M. Kim a rencontré le ministre québécois de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. Ce dernier, d'expliquer M. Couillard, s'est fait demander « assez fortement » par le président de la Banque mondiale à quel moment Hydro-Québec allait se repositionner au plan mondial.

« Hydro-Québec a déjà été un acteur très important sur la scène internationale, en Amérique latine et ailleurs, a rappelé M. Couillard. [...] On a une expertise immense parce qu'on est le quatrième producteur au monde en hydroélectricité. Alors il faut utiliser cette expertise-là. »

Au début du mois. le nouveau PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel, dans sa première allocution publique depuis sa nomination, avait effectivement cité son intention d'augmenter les exportations d'électricité notamment aux États-Unis. M. Martel avait aussi mentionné l'importance de commercialiser les technologies développées dans le cadre du programme de recherche et développement de la société d'État.

En point de presse entre deux rencontres à Washington, le premier ministre québécois a cité en exemple la Nouvelle-Angleterre, qui a besoin de plus d'électricité : « Nous avons de l'électricité, a dit Philippe Couillard, mais nous n'avons pas assez de capacité de transmission pour la transmettre à la Nouvelle-Angleterre. Alors on a besoin de nouvelles lignes de transmission. »

Philippe Couillard a indiqué que deux ou trois projets étaient « sur la table ». Il dit avoir confiance d'en voir au moins un aboutir.

Le premier ministre du Québec devait aussi rencontrer l'administratrice de l'Environmental Protection Agency (EPA) et prononcer un discours devant le groupe de réflexion Resources For The Future, spécialisé en environnement, sans doute d'autres occasions pour lui de parler des avantages de l'hydro-électricité.

Le champion du libre-échange

L'autre sujet mis de l'avant par M. Couillard dans ses rencontres dans la capitale américaine est le libre-échange. Jeudi en soirée, avec Michael Froman du United States Trade Representative (USTR), puis vendredi en matinée, devant une soixantaine de membres de la Chambre de commerce américaine, le premier ministre du Québec a prôné les mérites du libre-échange. 

« C'est de la musique à nos oreilles de vous entendre parler de l'importance du libre-échange et du libre marché », lui a répondu Jodi Hanson Bond, vice-présidente de l'US Chamber of Commerce.

Concernant sa rencontre avec Michael Froman, qui dirige l'organisme chargé de négocier et d'administrer les accords commerciaux aux États-Unis, le premier ministre dit avoir fait des progrès sur le projet d'installer des centres de prédédouanement à l'aéroport de Québec et à la gare centrale de Montréal.

« Le signal est positif, a précisé le premier ministre. La question à l'aéroport de Québec semble très bien aller. À la gare de Montréal, c'est un peu plus compliqué, mais cela va bien aussi. On peut être optimiste qu'on va être capable de régler ces questions, ce qui va être un gros avantage non seulement pour nos voyageurs, mais également pour les transports de marchandises. »

Ces centres de prédédouanement permettraient que des douaniers américains soient en poste à l'aéroport Jean-Lesage de Québec et à la gare de Montréal, comme c'est déjà le cas à l'aéroport Montréal-Trudeau.

De l'importance de renégocier un accord sur le bois d'oeuvre

Avec l'United States Trade Representative, Philippe Couillard affirme également avoir abordé la question de l'industrie forestière alors que l'Accord sur le bois d'oeuvre est échu. « Il faut en renégocier un autre, et ça, c'est très important pour nous. Alors, j'ai fait la promotion de notre régime forestier et de notre industrie forestière. »

Du même souffle, il ajoute avoir défendu l'industrie laitière québécoise lorsqu'il a été question du libre-échange et du projet de Partenariat transpacifique (PTP).

« J'ai pris un temps particulier pour parler de notre système de gestion de l'offre dans l'industrie laitière, pourquoi c'est important pour les petites exploitations agricoles, comme chez nous au Lac Saint-Jean, et pourquoi on y tient beaucoup. »

Alors que le projet de PTP est fort controversé aux États-Unis, où plusieurs candidats aux élections présidentielles s'y opposent, le premier ministre a rappelé que le Québec est historiquement « un peuple qui accueille favorablement le libre-échange. »

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