Retour

Hydro-Québec : les Québécois ont payé 1,4 milliard en trop

Hydro-Québec a admis mercredi avoir perçu 1,4 milliard de dollars en trop auprès de ses abonnés depuis 2008. Les Québécois ont ainsi contribué à équilibrer les finances du gouvernement.

Selon les calculs de la Coalition avenir Québec (CAQ), les clients d’Hydro-Québec ont payé 63 millions de dollars de plus en 2015, ce qui représente environ 350 $ par abonné.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a aussi reconnu que la société d’État avait imposé des tarifs plus élevés pendant des années et que les « trop-perçus » accumulés avaient servi à combler le déficit.

Le gouvernement était au courant depuis des années qu'Hydro-Québec amassait ces trop-perçus, qui se transformaient en précieux dividendes dans les coffres de l'État.

Le chef de la CAQ, François Legault, a souligné qu’Hydro-Québec peut proposer des augmentations de tarifs s'il y a augmentation des coûts.

La CAQ aurait plutôt souhaité que ces surplus soient rendus aux consommateurs sous forme de baisses de tarifs.

Baisse de tarifs

Le gouvernement Couillard prévoit que les abonnés d'Hydro-Québec profiteront de tarifs plus bas au cours des prochaines années pour compenser la surfacturation.

« Ce qu’on souhaite, nous, c’est que l’impact soit bénéfique au niveau des tarifs pour les consommateurs », a indiqué le ministre Pierre Arcand.

Cependant, il n’est pas question de rembourser rétroactivement les abonnés. Les hausses de tarif d’électricité devront donc être très faibles à l’avenir, prévient le ministre.

La décision à ce sujet remonte au budget 2014-2015, quand Québec, bien au fait de la situation, a choisi de mettre fin à la pratique consistant à transformer les trop-perçus en dividendes, mais seulement quand l'équilibre budgétaire serait atteint.

Chaque année, la Régie de l'énergie évalue les demandes de hausses tarifaires de la société d’État, en fonction de ses prévisions de demande de consommation. Après l’étude, la Régie fixe les prix.

Maintenant que le déficit a été vaincu, Québec demande à sa société d'État de « mieux contrôler ses coûts », a commenté M. Arcand. Ce qui inquiète le porte-parole d’Option Consommateurs, Olivier Bourgeois, qui craint pour l’indépendance de la Régie de l’énergie. Celle-ci est censée avoir les coudées franches pour déterminer les tarifs, sans aucune pression de la part du gouvernement, rappelle-t-il.

Plus le gouvernement s'immisce dans le processus menant à déterminer les tarifs et plus on peut croire que les tarifs ne sont pas fixés en fonction des coûts, mais en fonction des besoins gouvernementaux du moment, croit M. Bourgeois.

Pas de surfacturation

Chez Hydro-Québec, on assure que les prévisions budgétaires ont été dans l’ensemble fort justes, malgré cet écart de 1,4 milliard de dollars entre les besoins et les revenus depuis 2008.

La Société d’État affirme que l’écart de rendement représente moins de 1 % de ses prévisions budgétaires. Le budget total de distribution d’électricité représente annuellement environ 12 milliards de dollars, selon le porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty.

L’écart budgétaire est dû en partie à des gains d’efficience obtenus au cours de l’année au sein de l’entreprise, indique M. Batty, qui affirme que ces gains profitent aux abonnés.

« On n’a pas surfacturé nos clients », a déclaré le porte-parole de la Société d’État en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Cette année, comme la précédente, le tarif d’électricité a augmenté de 0,7% le 1er avril, soit moins que l’inflation.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine