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Il faut empêcher les parcs du Canada « d’être aimés à mort », dit le coauteur d’une étude

Le Canada est un chef de file international qui sauvegarde de la destruction humaine ses terres protégées, mais ses parcs sont en danger « d'être aimés à mort » par des milliers de visiteurs qui y font de la randonnée dans l'arrière-pays, selon un professeur associé en foresterie à l'Université du Nord de la Colombie-Britannique.

Oscar Venter est le coauteur d’une étude qui détaille la dégradation du tiers des régions protégées dans le monde. Il soutient que Banff et Jasper sont de bons exemples de parcs emblématiques du Canada où les nombreux visiteurs finissent par poser un défi pour maintenir des populations en santé d’espèces en danger.

Des activités économiques comme la foresterie de même que l’exploitation minière, pétrolière et gazière font aussi partie du problème, d’après l’auteur.

« Au Canada, nous accordons de l’importance à notre environnement naturel, mais nous valorisons aussi beaucoup l’extraction des ressources naturelles », lance-t-il.

L’universitaire fait partie d’un groupe de chercheurs internationaux dont le travail à été publié jeudi dans le journal Science. Ils se sont intéressés à 50 000 aires protégées dans le monde et ont trouvé qu’un tiers d’entre eux faisaient l’objet de pressions importantes en raison d’activités humaines, comme la construction de route, l’exploitation forestière ou l’urbanisation.

Oscar Venter explique qu’alors que 2,5 % des aires protégées par le Canada ont été altérés par les humains, il y a des défis dans la gestion des impacts de l’activité humaine sur les espèces en danger, comme le caribou dans les parcs des montagnes Rocheuses et d’ailleurs. Il souligne également que le Canada n’a atteint que 10,5 % des cibles qu’il s’était fixées pour 2020.

« Il y a eu un engagement de la part du gouvernement fédéral pour protéger 700 000 kilomètres carrés de terre. Il s’agit d’une région de la grandeur de l’Alberta », explique le professeur selon qui la stratégie d’Ottawa a reçu 1,3 milliard de dollars de plus dans le dernier budget.

Le Canada dernier de classe dans le G7

La directrice nationale du programme des parcs de la Société pour la nature et les parcs du Canada, Alison Ronson, soutient que le Canada était derrière tous les pays du G7 pour les cibles de conservation de 2020 selon un rapport publié l’an dernier.

D’après elle, les activités industrielles l’ont longtemps emporté sur la protection au pays.

De son côté, Parcs Canada précise que la Colombie-Britannique est la chef de file des provinces en ayant protégé 15,3 % de ses terres et des ses cours d’eau, suivie par l’Alberta avec 14,3 %.

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