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Immigrants en région : la grande séduction de Montmagny

Les entreprises de la Chaudière-Appalaches, à l'est de Québec, ont un manque criant de main-d'œuvre. Elles usent de tous leurs charmes pour attirer les immigrants de Montréal.

Un texte de Claude Brunet à Désautels le dimanche

Au Québec, bon nombre de régions souffrent d'une pénurie de travailleurs. Chaudière-Appalaches en fait partie. Le taux de chômage y est parmi les plus bas dans la province, et les besoins en main-d'œuvre sont colossaux. Les entreprises ont besoin de 40 000 nouveaux travailleurs d'ici trois ans.

Des entrevues d'embauche à Montmagny

La MRC de Montmagny a donc organisé une mission pour recruter des immigrants à Montréal. Il faut dire que la région métropolitaine accueille 80 % des nouveaux arrivants au Québec, et tous ne trouvent pas un emploi.

Donc, en janvier, une quinzaine d'entreprises de la région sont allées les rencontrer à Montréal. Et la semaine dernière, 14 immigrants ont été invités à Montmagny pour une visite de la ville et pour des entrevues d'embauche.

La visite a été organisée par le Comité local de développement (CLD) de la MRC de Montmagny. La coordonnatrice du CLD, Martine Leullier, explique que la pénurie de main-d'œuvre nuit au développement des entreprises.

À leur descente de l'autobus, les 14 immigrants ont été accueillis par Hélène Blais, du Groupe en alphabétisation de Montmagny, et par Eva Lopez, de l'organisation Intégration communautaire des immigrants. Ce sont des organismes communautaires subventionnés par le ministère québécois de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion pour accueillir les immigrants en région.

Québec compte sur les groupes communautaires en région pour aider les nouveaux arrivants à s'installer : trouver un logement, une garderie, etc. Hélène Blais, du GAM, explique que les immigrants feront face à quelques difficultés. Montmagny n'est pas Montréal. Le transport en commun est rare, et les communautés culturelles, inexistantes. Alors ils n'ont pas le même soutien qu'à Montréal.

L'intégration plus facile en région?

German De Castro, de Colombie, et Mounir Jbilou, du Maroc, sont venus de Montréal à la recherche d'un emploi à Montmagny. Ils ont visité Teknion, un important fabricant de mobilier de bureau.

German De Castro croit que son intégration sera plus facile en région qu'à Montréal.

Mounir Jbilou, arrivé au Québec depuis deux mois, reste craintif : « C'est un monde nouveau pour moi ». Sa femme porte le voile islamique. « J'espère que ça va être comme à Montréal. C'est normal. »

À Montmagny pour y rester

Naïma Nachou, une Française d'origine marocaine, travaille à Montmagny depuis quatre ans. Elle a maintenant le sentiment de faire partie de la communauté.

Tous ne restent pas. Au cours des trois dernières années, le tiers des immigrants qui s'étaient installés dans la région de Montmagny sont partis pour se rapprocher des grands centres.

Les organismes communautaires mandatés par le ministère de l'Immigration pour soutenir les immigrants en région accusent le gouvernement d'en être responsable. Québec aurait comprimé les budgets alloués à la régionalisation de l'immigration.

Cette semaine, la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, était en commission parlementaire sur le projet de loi 77 qui revoit en profondeur la Loi sur l'immigration. Elle dit compter sur les groupes communautaires pour accompagner les immigrants en région, mais elle n'a pas l'intention d'améliorer leur financement.

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