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Immigration illégale : Trump abroge la politique « attraper et relâcher »

Donald Trump a signé vendredi un décret présidentiel pour mettre fin à la politique « attraper et relâcher » (catch and release) grâce à laquelle un immigrant illégal pouvait être libéré et circuler librement en sol américain avant que la justice statue sur son sort.

Le président américain vient ainsi concrétiser l'une des promesses au coeur de sa campagne de 2016.

À son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump avait été freiné dans son élan. Les services de l'immigration lui avaient alors fait savoir qu'ils ne disposaient pas de suffisamment de centres de rétention pour y garder tous les clandestins arrêtés.

Dans son nouveau décret, le président américain somme donc son secrétaire à la Défense, James Mattis, de lui fournir une liste d’installations militaires qui pourraient servir à la détention d’immigrants sans papiers.

Il demande aussi au département de la Sécurité intérieure de lui soumettre dans un délai de 45 jours un rapport détaillant les actions engagées, prévues ou possibles pour mettre fin rapidement à la politique « attraper et relâcher ».

À la demande du ministre de la Justice, Jeff Sessions, les procureurs du pays devront intenter des poursuites criminelles contre les clandestins dès leur première arrestation. Ce nouveau scénario pourrait les exposer à de lourdes peines de prison en cas de récidive.

Aux yeux des républicains, cette pratique réinstituée par l’administration Obama représentait une incitation à l’immigration illégale. De nombreux immigrants clandestins ont pu échapper à leur expulsion en ne se présentant jamais devant un juge, faisaient-ils valoir pour la dénoncer.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a qualifié la politique « attraper et relâcher » de « dangereuse » et de menace pour la sécurité des Américains pour expliquer la décision du président.

Des troupes à la frontière avec l'Arizona et le Texas

La volonté de l'administration Trump d'endiguer l'immigration clandestine et le trafic de drogue s'est manifestée plus tôt cette semaine, le président Trump signant un autre décret ordonnant le déploiement de la Garde nationale à la frontière mexicaine jusqu’à ce que celle-ci soit fermée par le mur dont il réclame la construction.

Deux hélicoptères Lakota de la Garde nationale du Texas surveillent déjà depuis les airs la frontière avec le Mexique. D'ici 72 heures, quelque 250 soldats devraient y être envoyés, ont indiqué vendredi les autorités texanes.

De son côté, le gouverneur de l'Arizona, Doug Ducey, a annoncé sur Twitter le déploiement de 150 soldats au courant de la semaine prochaine.

En tout, le président américain a annoncé le déploiement de 2000 à 4000 militaires à la frontière, qu'il « garderait probablement » sur place « ou au moins une grande partie » jusqu'à ce que le mur qu'il a promis pendant sa campagne présidentielle soit construit.

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