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Incertitude autour du dernier convoi d’évacués d’Alep-Est

Des informations contradictoires entourent le sort du dernier convoi de civils et de combattants qui doit quitter Alep-Est. Les autorités turques indiquent que l'évacuation est interrompue, alors que les Russes, alliés de Damas dans le conflit, affirment que le processus est achevé et que les forces pro-Assad contrôlent la totalité des quartiers rebelles.

La Russie affirme, en fait, « que toutes les femmes et tous les enfants se trouvant dans les quartiers sous le contrôle des combattants ont été évacués » et que ne restent plus sur les lieux que des combattants radicaux en voie d’être liquidés.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu affirme de son côté que le dernier convoi qui devait quitter la partie orientale de l'agglomération avait été bloqué et que des négociations étaient en cours avec la Russie, l'opposition syrienne et des représentants du régime de Damas.

Un général syrien, interrogé par l’AFP, précise que l’évacuation est « suspendue » parce que des rebelles ont ouvert le feu et tenté de partir avec des otages, en plus de tenter de sortir d’Alep-Est avec des « armes moyennes », alors que seules les armes légères sont autorisées à sortir.

De son côté, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a indiqué à l'AFP que la suspension était également due aux rebelles qui entravent l'évacuation des villages de Foua et Kefraya.

L’accord d’évacuation d’Alep-Est comprend en effet, en contrepartie, le départ des blessés de ces deux villages chiites pro-Assad que les rebelles contrôlent en quasi-totalité.

La représentante en Syrie de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a pour sa part confié à l’Associated Press, depuis Alep-Ouest, qu’il y a encore des gens à évacuer, dont des femmes et des enfants. Des négociations sont en cours pour débloquer l’impasse, assure Elizabeth Hoff.

Des milliers d'évacués jusqu'ici

Le ministre des Affaires étrangères turc affirme que 7500 personnes ont été sauvées, tandis que l'armée russe affirme avoir évacué plus de 4500 rebelles et 337 blessés, pour un total de 9500 personnes évacuées d'Alep.

L'OSDH a estimé de son côté le nombre des personnes évacuées à environ 8500, dont quelque 3000 combattants.

Les médias officiels ont, quant à eux, parlé de quelque 8000 évacués.

Les équipes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge affirment avoir reçu l'ordre de se retirer d'Alep-Est, a annoncé un responsable de l'OMS, ajoutant que cet ordre venait probablement de la Russie.

la situation militaire est très calme sur le terrain, où aucun bruit d'armes légères ni lourdes n'était entendu en dehors de très brefs tirs dans la matinée, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Des responsables turcs ont indiqué vendredi qu'Ankara accepterait sur son territoire tous les blessés et les malades nécessitant des soins.

Ils ont ajouté que les autres réfugiés seraient dirigés vers un camp pouvant accueillir 80 000 personnes qui va être dressé du côté syrien de la frontière, dans un secteur sécurisé par l'intervention militaire menée depuis cet été par la Turquie dans le nord de la Syrie.

Poutine veut prendre l’initiative

Alors que les armes semblaient s'être tues au terme de 6 ans de guerre et 15 mois après l'intervention militaire de la Russie dans ce conflit, Vladimir Poutine a déclaré vendredi que son objectif était désormais d'établir un cessez-le-feu dans l'ensemble de la Syrie.

En visite au Japon, le président russe a ajouté qu'il s'était entendu avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour proposer l'organisation de nouvelles négociations de paix à Astana, la capitale du Kazakhstan. « Il est temps de passer à une résolution politique du conflit syrien », a-t-il insisté.

Un haut responsable de l'opposition syrienne, Ryad Hidjab, a dit être prêt à participer à ces discussions si le but est de mettre en oeuvre un gouvernement de transition. Bachar Al-Assad exclut de quitter le pouvoir dans le cadre d'une résolution politique du conflit.

L'accord de cessez-le-feu et d'évacuation d'Alep-Est a été conclu par la Russie et la Turquie, parrains respectifs du régime de Bachar Al-Assad et de certains groupes rebelles présents dans la grande ville du nord de la Syrie.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a indiqué que le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir vendredi sur le déploiement rapide d'observateurs à Alep-Est pour empêcher les exactions et surveiller l'arrivée de l'aide humanitaire.

Entre temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à la reprise urgente des évacuations à Alep « en toute sécurité ».

L'ONU se tient prête à faire tout ce qu'il faut à tout moment pour secourir autant de personnes que possible.

Ban Ki-moon

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