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Inquiétudes au Centre jeunesse de Laval sur la présence d’élèves mixtes « externes »

EXCLUSIF - Une classe mixte d'élèves à « problèmes » située dans le secteur des filles du Centre jeunesse de Laval est sous la loupe de la direction à la suite d'allégations selon lesquelles au moins un de ces élèves aurait aidé une adolescente à fuguer.

Un texte de Julie Marceau et de Francis Labbé

La jeune fille avait été retrouvée dans un motel entre les mains de proxénètes. Une plainte formelle vient d'être déposée au Service de police de Laval qui a confié l'enquête à la section des crimes contre la personne.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval (CISSS), responsable du centre jeunesse, confirme qu'une classe mixte comptant huit élèves externes se trouve à l'intérieur des murs de l'aile réservée aux filles.

Selon la Commission scolaire de Laval, responsable de cette classe, les élèves sont âgés de 12 et 17 ans.

Selon nos informations, il s'agit d'élèves qui ont été suspendus pendant plus de cinq jours en raison de cas de violence ou d'indiscipline. On y retrouve des élèves avec des troubles de comportement et parfois des problèmes de consommation.

Selon le porte-parole du CISSS de Laval, Éric Bertrand, l'objectif de cette classe est d'assurer que des jeunes suspendus de leur école ne se retrouvent pas à la rue et deviennent des décrocheurs.

Il assure que ces élèves ne peuvent entrer en contact avec les jeunes filles hébergées au centre.

« Nous vous rappelons que le recrutement des jeunes filles se fait dans des lieux publics extérieurs au Centre jeunesse de Laval (stations de métro, cours d'école, centres commerciaux, parcs, etc.) », écrit M. Bertrand.

Les parents d'ex-fugueuses, toujours hébergées au centre, se disent très inquiets.

« On met des gens qui sont peut-être dans le giron de gangs de rue en présence de jeunes filles qui risquent de faire de mauvais choix. On est un peu insurgés. J'espère que des solutions sont envisagées, parce que c'est une situation intenable, surtout avec tous les événements qui se sont passés », nous explique le père d'une jeune fille.

Rappelons que le Centre jeunesse de Laval a été aux prises avec une vague de fugues l'hiver dernier.

En février, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, avait même affirmé qu'une organisation criminelle s'était infiltrée au centre, une information qui avait été remise en doute par la police à l'époque.

« Comment peuvent-ils mettre des garçons qui ont des problèmes avec nos filles qui sont là pour leur protection? », se demande une mère.

La criminologue Maria Mourani se questionne aussi sur la décision d'intégrer une classe d'élèves à problèmes dans l'aile réservée aux filles.

« À partir du moment où on a des unités où il y a des filles dont la problématique est d'être de potentielles proies pour les proxénètes, c'est clair que c'est un peu illogique de les mettre dans des lieux où des garçons ou des filles pourraient être potentiellement des recruteurs »

Le CISSS de Laval a fait savoir vendredi matin qu'aucune mesure particulière n'a été adoptée dans la foulée de ces informations.

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