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Inquiétudes pour la libre circulation des ambulances à la frontière canado-américaine

Le décret du président américain Donald Trump qui suspend l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans inquiète les professionnels de la santé dans des régions frontalières.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Certains résidents possédant l'une des nationalités ciblées par le décret craignent de ne plus recevoir de soins de l'autre côté de la frontière.

À Windsor, en Ontario, il est crucial de pouvoir transférer des patients aux États-Unis lors de situations d'urgences.

L'hôpital local ne dispose pas des ressources nécessaires pour les femmes qui accouchent prématurément. Lorsque l'accouchement est imminent, la future mère est envoyée à Détroit.

« Détroit est d'une aide précieuse pour nous et pour les bébés qui naissent prématurément. Une femme peut y être transportée en 15 minutes seulement », explique le Dr Joshua Polsky, chef du service de gynécologie-obstétrique de l'Hôpital régional de Windsor.

Du côté canadien, l'hôpital le plus proche pour ce type de soins se trouve à London, à deux heures de route.

Importante population musulmane

Windsor possède une importante population musulmane, notamment des gens originaires des pays ciblés par le décret de Donald Trump.

Le Dr Polsky craint donc qu'une de ses patientes du Proche-Orient reste bloquée à la frontière. Il estime devoir envoyer près d'une femme par mois accoucher de l'autre côté de la frontière.

« Chaque spécialiste de mon service voit trois ou quatre patientes syriennes. Ça fait pas mal de femmes qui sont à risque de se faire refouler », souligne le gynécologue.

Le département de cardiologie de l'hôpital de Windsor partage les craintes de M. Polsky. Certaines chirurgies urgentes nécessitent aussi le transfère de patients dans des hôpitaux de Détroit.

Notre diversité culturelle fait notre force ici, mais dans le cas présent ce sont des enfants et des femmes qu'on rend vulnérables. On doit avoir des réponses claires.

Brian Masse, député néo-démocrate de Windsor Ouest

Un débat qui se déplace à Ottawa

Après avoir soulevé cet enjeu lors de la période de questions à Ottawa, le député néo-démocrate de Windsor-Ouest, Brian Masse, a envoyé mardi une lettre au nouveau ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen.

En chambre, ce dernier lui a affirmé que les citoyens canadiens ainsi que les résidents permanents ne se verraient pas refuser l'entrée aux États-Unis.

Dans sa lettre, M. Masse demande notamment si les protocoles d'urgences en vigueur resteront valides et quels seront les recours pour les patients retenus à la frontière.

« On ne sait toujours pas si par exemple les réfugiés qui sont venus au Canada, qui sont intégrés dans notre système et qui ont besoin d'une assistance médicale immédiate seront refusés à la frontière », souligne le député

En attendant une réponse à sa lettre, M. Masse croit que le débat sur les ressources médicales offertes à Windsor doit être relancé.

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