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Institut de recherche sur l’indépendance : des ambitions et des embûches

L'Institut de recherche sur l'autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) s'apprête à divulguer les résultats de ses projets de recherche et à lancer une série d'événements, dont un colloque international et une conférence sur la Catalogne. L'incertitude demeure toutefois sur son financement.

Un texte d'Hugo Lavallée

Il y a un an, l'IRAI lançait officiellement ses activités. Au cours des derniers mois, l'Institut s'est fait discret sur la place publique. « Tout était à construire. [...] La première année a été consacrée à mettre en place les différentes politiques pour encadrer notre processus de recherche, mais également nos protocoles éthiques », explique la directrice générale de l'IRAI, Geneviève Baril.

Les choses sont sur le point de changer, selon ce qu'à appris Radio-Canada. L'IRAI recevra le 14 septembre le professeur Joan B. Culla i Clarà, de l’Université autonome de Barcelone, pour une première conférence sur la Catalogne, afin d'expliquer « comment le peuple catalan en est venu à se poser la question concernant son statut politique ».

Le Groupe international d'experts sur le processus d'autodétermination du peuple catalan, créé par l'Institut pour être « ancré dans l'actualité », rendra également public son premier rapport.

Plus tard en novembre, l'IRAI organisera à Montréal un premier colloque international. À cette occasion, une dizaine de chercheurs, issus d'autant de pays, seront réunis pour « discuter, réfléchir sur ce que ça signifie l'autodétermination des peuples au 21e siècle ».

Des études détaillées sur les thèmes de recherche identifiés par l'Institut seront aussi progressivement publiées au cours des prochains mois.

Lenteur à l'Agence du revenu du Canada

Mais alors que l'Institut amorce ses activités scientifiques, une incertitude demeure : plus d'un an après en avoir fait la demande, l'IRAI n'a toujours pas reçu de l'Agence du revenu du Canada son « statut d'organisme de bienfaisance », qui permettrait à ses donateurs d'obtenir des crédits fiscaux.

« L'IRAI a déposé sa demande le 9 juin 2016. [...] On est rendu à 14 mois. On commence évidemment de notre côté à trouver que ça prend beaucoup de temps », déplore Geneviève Baril. Elle refuse de spéculer sur les raisons de ce long délai.

L'Agence du revenu du Canada, pour sa part, n'a pas voulu commenter le cas de l'IRAI. La porte-parole régionale de l'organisme, Julie Pronovost, s'est contentée d'indiquer dans un courriel envoyé à Radio-Canada que « le temps nécessaire pour compléter l'examen d'une demande d'enregistrement peut varier en fonction de sa complexité ».

Le défi de la crédibilité

Au-delà de la question du financement, l'IRAI devra aussi dissiper les doutes sur la neutralité de ses travaux, d’autant plus qu’il a été mis en place par Pierre Karl Péladeau, alors qu’il était chef du Parti québécois.

M. Turp assure que l’IRAI n'hésitera pas à publier des études qui seraient, par exemple, défavorables à l'indépendance du Québec. « C'est vrai que c'est possible que des chercheurs arrivent à des conclusions qui ne soient peut-être pas toujours favorables », dit-il.

Daniel Turp affirme que le recrutement de chercheurs va bon train. Plusieurs projets de recherche sont déjà en cours.

« On a fait une grande tournée, où on a consulté des gens dans le milieu qui s'intéressent à l'autodétermination, à l'indépendance au Québec. Des organisations de la société civile, des partis politiques, d'autres chercheurs qui s'étaient distingués dans ce domaine-là et donc, on a identifié un certain nombre de thèmes de recherche », explique-t-il.

Il invite les citoyens à prendre connaissance des premiers résultats de recherche qui seront publiés prochainement, avant de porter un jugement sur l'Institut.

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