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Institut Fraser : 45 619 Canadiens se sont fait soigner à l'étranger en 2015

La Colombie-Britannique est la deuxième province, après l'Ontario, pour le nombre de patients qui se sont rendus à l'extérieur du pays afin d'être soignés, selon l'Institut Fraser. La Saskatchewan et le Manitoba, quant à elles, se retrouvent dans les trois derniers rangs du classement.

Chaque année, l'Institut Fraser interroge des médecins spécialistes du pays concernant le nombre de leur patient qui ont obtenu des soins à l'étranger au cours des 12 derniers mois. En 2015, 10 315 Britanno-Colombiens auraient opté pour des soins à l'extérieur du pays, alors qu'en Saskatchewan et au Manitoba, le nombre de personnes est respectivement à 712 et 702, selon l'étude de l'Institut intitulée Leaving Canada for Medical Care.

Les résultats de cette étude ont aussi permis de déterminer qu'à l'échelle du pays, ce sont 45 619 patients canadiens qui sont allés à l'étranger pour des soins, ce qui représente 1 % des patients traités par les médecins spécialistes qui ont participé à l'étude. Il s'agit d'une légère diminution comparativement à l'année précédente alors que le taux était de 1,1 % au pays.

Parmi les explications de l'Institut Fraser sur les raisons qui poussent les patients à se rendre à l'étranger, on retrouve entre autres les listes d'attente associées au système de santé canadien. En 2015, la période d'attente avant de recevoir des soins nécessaires pouvait s'étirer jusqu'à neuf semaines, selon l'Institut. Les chercheurs précisent que la période d'attente raisonnable selon les médecins spécialistes du pays est de sept semaines environ.

À travers le pays, les urologues sondés par l'Institut sont ceux qui ont indiqué avoir le plus haut taux de patients qui ont voyagé hors du pays pour recevoir des soins, avec 1,6 %. Le taux le plus faible par spécialité médicale au Canada revient aux chirurgiens cardiovasculaires, avec 0,4 %, toujours selon l'étude de l'Institut Fraser.

Les professeurs Valorie Crooks et Jeremy Snyder de l'Université Simon Fraser à Burnaby estiment que les données concernant les Canadiens qui optent pour des soins de santé hors pays ne correspondent pas à la réalité. Ils précisent que la portée du sondage réalisé par l'Institut Fraser auprès de médecins spécialistes est limitée.

« Cette étude considère tous les cas de Canadiens qui ont eu accès à des soins non urgents à l'extérieur du pays comme étant du tourisme médical », précise Mme Crooks. Pourtant, les Canadiens qui demeurent ailleurs qu'au Canada durant l'hiver ne quittent pas le pays spécifiquement pour obtenir des soins, ajoute-t-elle. Ces cas ne devraient pas être inclus dans l'étude, selon Valorie Crooks.

Dans son étude, l'Institut Fraser estime que la période d'attente avant de recevoir un soin au Canada force les patients à trouver d'autres options. Le professeur Jeremy Snyder soutient qu'il s'agit d'une déclaration sans fondement de la part de l'Institut. Il déplore le fait que ce genre de déclaration est également utilisé durant la campagne présidentielle américaine.

Les deux professeurs, membres du groupe de recherche sur le tourisme médical à l'Université Simon Fraser, sont préoccupés par la publication de cette étude. Ils craignent que les estimations de l'Institut Fraser soient utilisées pour prendre des décisions politiques entourant l'industrie du tourisme médical.

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