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Irma à Saint-Barthélemy : « Je me voyais vraiment mourir »

Une île dévastée, des infrastructures endommagées, une saison touristique vraisemblablement gâchée. Un résident de la petite île française de Saint-Barthélemy qui s'est retrouvé dans l'œil de l'ouragan raconte son expérience traumatisante.

Face à l’arrivée d'un des ouragans les plus puissants jamais enregistrés dans l'Atlantique, Kevin Barrallon s’est retranché dans la case qu’il loue à Gustavia, principale municipalité de la petite île française des Antilles. C’est là qu’il a vécu l’horreur pendant environ cinq heures.

Pendant environ deux heures, « on a eu la première phase, où c’est monté crescendo […] avec des vents assez soutenus », a-t-il relaté jeudi matin en entrevue à Gravel le matin. « Après, on a eu l’œil : donc c’est l’accalmie; tout redescend, tout est calme ».

Ce répit s’est cependant limité à environ deux heures. « Après, on a eu la troisième phase – la dernière – qui, dans mon cas, a été la plus horrible, parce qu’elle était tellement forte que je me voyais vraiment mourir », a-t-il témoigné. « Je ne savais pas où aller, comment faire. Les bruits étaient tellement forts que j’étais déboussolé, même chez moi. »

M. Barrallon fait cependant partie de ceux qui n’ont pas trop souffert du passage d’Irma. « Je n’ai pas eu vraiment de gros dégâts sur mon habitation. Bien sûr, mon jardin n’existe plus. C’est vraiment la végétation qui a pris un gros coup », constate-t-il au lendemain de la tempête.

« J’étais assez abrité, j’étais entre des habitations », observe-t-il avec le recul. « J’ai eu la chance, je pense, d’avoir des habitations beaucoup plus hautes que moi, ce qui fait que j’ai été protégé », ajoute-t-il. Mais tous n’ont pas eu cette chance.

« L’ouragan Irma n’a pas détruit complètement l’île », assure-t-il cependant. « Mais il a fait pas mal de dégâts, a rasé pas mal de végétation, et a endommagé beaucoup de constructions. »

Se relever, en attendant Jose

Après le passage de l’ouragan, les résidents de Saint-Barthélemy se sont immédiatement retroussé les manches pour retrouver un semblant de normalité, raconte M. Barrallon. Mais l’inquiétude règne dans l’industrie du tourisme, principal moteur économique de l’île, d’autant plus qu’un second ouragan, Jose, pourrait suivre les traces d’Irma.

« Les gens se sont mis tout de suite au travail. On est sorti, on a nettoyé les rues. On a essayé de dégager les rues pour les services de sécurité, les gendarmes, les pompiers, les infirmiers. On a essayé comme on a pu de dégager un maximum », raconte-t-il.

M. Barrallon dit tout de même avoir du « mal à imaginer » comment l’île va pouvoir se relever à court terme.

« Saint-Barthélemy, c’est une île qui fonctionne, comme les autres îles des Caraïbes, avec le tourisme. Et nous, vraiment, on fonctionne par saison. Et là, je pense que cette année, clairement, la saison va nous passer sous le nez », avance-t-il.

Les inquiétudes sont d’autant plus vives que l’ouragan Jose pourrait frapper la petite île française au cours des prochains jours, témoigne M. Barrallon.

« Je ne sais pas comment le préparer », admet-il. « Je ne sais pas comment on peut appréhender, à quatre jours d’intervalle, deux ouragans aussi puissants. […] C’est le pire scénario catastrophe qui puisse arriver. »

Les constructions sur l’île de Saint-Barthélemy sont « prévues pour ce genre d’événement » et la façon dont elles ont résisté au passage d’Irma montre qu’elles « ont fait leurs preuves », croit-il. Mais un doute subsiste néanmoins.

« C’est difficile à imaginer comment ça pourrait se passer. Et je ne suis pas sûr que certaines habitations pourraient tenir le coup », craint-il.

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