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Irma : des Canadiens dans l’incertitude aux îles Turks et Caicos

Une centaine de touristes canadiens sont toujours coincés aux îles Turks et Caicos, alors qu'un avion d'Air Canada est sur place, cloué au sol par les autorités, qui n'autorisent plus aucun vol commercial à se poser ni à quitter l'archipel.

Le vol en provenance de Toronto transportant des travailleurs humanitaires devait rapatrier les vacanciers dimanche.

Mais les autorités locales ont refusé d'autoriser l'embarquement des passagers, malgré les efforts d'Air Canada. Les vacanciers ont attendu plus de trois heures dans des autobus avant de devoir rebrousser chemin.

Selon Ginette Lanoue, une touriste québécoise qui s'exprimait à l'émission Gravel le matin, elle et ses compatriotes ont dû attendre trois heures sur le tarmac, sans climatisation et sous une chaleur suffocante, car en raison des pénuries d'essence, les chauffeurs ne peuvent laisser fonctionner les autobus à l'arrêt avec l'air conditionné.

« Ils sont revenus ici et certains étaient vraiment déshydratés », témoigne Mme Lanoue.

Air Canada cloué au sol par les autorités locales

Dans un courriel, Air Canada explique que le terminal principal de l’aéroport des îles Turks et Caicos ne permet présentement aucun vol commercial et que l’appareil en provenance de Toronto est toujours sur place.

Le transporteur ajoute qu’il « poursuit ses efforts » auprès des autorités locales afin d’obtenir la permission de rapatrier ces voyageurs.

Pendant ce temps, au complexe touristique où réside Ginette Lenoue, les conditions sont loin d'être idéales compte tenu des pannes d'électricité, du rationnement et de la chaleur accablante qui sévit en raison de l'absence de climatisation.

L'incertitude et le fait de ne pas savoir quand ils pourront rentrer minent également le moral des vacanciers, qui n'ont plus du tout l'impression d'être en vacances, assure Mme Lanoue.

Geneviève Couët, une voyageuse prise aux îles Turks et Caicos qui a aussi joint Radio-Canada, assure que tous les touristes coincés sur place en raison des intempéries sont en sécurité.

Pas de vols militaires déployés par le Canada pour le moment

Or, selon Daniel Dancause, conseiller en mesures d'urgence pour l'entreprise Prudent Groupe, le fait qu'un avion civil d'Air Canada ait pu se poser sans encombre à Turks et Caicos soulève des questions autant sur la gestion locale des vols que sur la volonté d'Ottawa de venir en aide à ses ressortissants à l'étranger.

Selon lui, le Canada a tout à fait les moyens de dépêcher des vols militaires pour rapatrier ses citoyens, comme l'ont fait notamment les Américains en rapatriant 1200 personnes des Antilles sur des vols militaires ces derniers jours.

Rappelant qu'Ottawa a déjà rapatrié ses citoyens de l'étranger lors de crises importantes, comme il l’a fait en 2006 avec le rapatriement des Canadiens qui étaient pris au Liban lors de la guerre entre le Hezbollah et Israël, Daniel Dancause comprend mal la tiédeur des autorités canadiennes à déployer des mesures pour rapatrier leurs concitoyens dans les Caraïbes.

Pour l'instant, le gouvernement fédéral se concentre principalement sur le recours aux vols commerciaux pour rapatrier ses ressortissants à l'étranger.

Au Centre de surveillance et d’intervention d’urgence (CSIU), à Ottawa, les représentants du gouvernement sont en contact avec les compagnies aériennes et les voyagistes.

Des heures d’angoisse

Malgré tout, de nombreuses personnes s’inquiètent au pays du sort de leurs proches et se plaignent du manque d’aide des compagnies aériennes à l'égard de ces voyageurs.

Le porte-parole d’Affaires mondiales Canada, Austin Jean, affirme qu’Ottawa « travaille activement avec les autorités locales pour résoudre cette situation ».

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a soutenu pour sa part dimanche que les Québécois pris au piège par l'ouragan Irma recevront de l'aide dès que les conditions météorologiques le permettront.

Parmi les 9000 Canadiens qui sont présents dans les régions touchées par Irma et qui se sont inscrits auprès des autorités fédérales, plus de 350 ont présenté une demande d'aide.

Le CSIU a traité plus de 1750 appels téléphoniques et courriels liés aux ouragans Irma et Jose.

Le directeur général à la sécurité des missions d'Affaires mondiales Canada, Reid Sirrs, a précisé que le Service d’inscription des Canadiens à l’étranger fonctionne sur une base volontaire et que ceux qui voyagent aux États-Unis ne s'y inscrivent habituellement pas.

Mais à Ottawa, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a insisté sur un fait. « Il est très important pour les voyageurs de s'enregistrer, surtout s'ils vont dans des endroits où il y a un danger particulier, afin que les autorités canadiennes soient en mesure de les contacter. »

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