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Irma : la Floride constate l'ampleur des dégâts

L'ouragan Irma, rétrogradé en tempête tropicale, est arrivé en Georgie après avoir malmené la Floride, dont plusieurs villes du nord sont inondées et six millions de foyers sont privés d'électricité. Les autorités s'inquiètent notamment pour la situation dans les Keys.

Cet archipel situé à l’extrême sud de la Floride a subi tôt dimanche les foudres de l'ouragan Irma, qui était alors de catégorie 4, accompagné de rafales atteignant parfois 215 km/h.

Dans un point de presse lundi après-midi, le gouverneur de l’État, Rick Scott, a dit que ses pensées allaient aux Keys.

« C'est une dévastation. J'espère que tout le monde a survécu. C'est horrible, ce que nous avons vu », a déclaré M. Scott, qui a survolé la région à bord d’un avion de la garde côtière pour constater les dégâts.

Key Largo, frappée de plein fouet, offre un spectacle de désolation : des maisons complètement inondées, des bateaux et des meubles qui flottent sur l’eau tels des jouets dans un bain, selon ce que rapportent des témoins.

Le gouverneur a appelé les résidents qui ont quitté leur domicile à ne pas y retourner précipitamment et sans en avoir parlé préalablement aux autorités.

Les débris et les fils électriques qui jonchent les routes sont autant de dangers qui risquent d’avoir de fâcheuses conséquences, a-t-il insisté. Les autorités veulent également inspecter les ponts pour s'assurer de leur solidité.

Les autorités mettent aussi en garde la population contre les risques élevés de marées de tempête dans la quasi-totalité de la péninsule floridienne. En effet, dans plusieurs zones côtières, la mer s'est retirée, dévoilant de vastes étendues de sable, un spectacle inédit pour les habitants de la région. Les services météorologiques rappellent sans cesse que l'eau finira par revenir.

M. Scott a par ailleurs observé que le système d’égouts ne fonctionnait pas dans les Keys, ce qui encourage l’accumulation des eaux et, par conséquent, les inondations.

La région est également privée d’électricité et d’eau courante, selon le gouverneur, qui s’attend à un travail de longue haleine avant un retour à la normale.

D'après le département de la Défense, quelque 10  000 personnes, qui n'ont pas quitté l'archipel, ont besoin d'être évacuées.

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Si la côte ouest a été relativement épargnée par Irma, Rick Scott affirme que la plus grande menace désormais, c’est la crue des rivières dans le nord de la Floride.

Une évacuation a d'ailleurs été ordonnée lundi matin dans plusieurs quartiers de Jacksonville, située à quelques kilomètres de la frontière avec la Georgie.

Dans le comté d'Orange, en banlieue d'Orlando, les autorités ont aussi ordonné tôt lundi l'évacuation de 120 maisons quand l'eau a commencé à monter. À l'aide d'embarcations, des pompiers et des membres de la Garde nationale ont fait du porte-à-porte pour évacuer les sinistrés.

La situation est variable ailleurs dans le reste de l'État. À Naples, où s’est rendu notre envoyé spécial Christian Latreille, la ville « ressemble à une zone dévastée ». Les routes sont parsemées de troncs d'arbres et de débris.

Notre journaliste a relevé un manque criant d'essence et des pannes d'électricité généralisées. La réouverture du port de Tampa Bay est d'autant plus souhaitée que c'est par cet établissement portuaire que passent environ 20 % des approvisionnements en pétrole de la Floride.

À Key West, le centre-ville a plutôt résisté. Les résidences n’ont pas été ravagées ou inondées, mais des fenêtres se sont envolées des maisons et des branches jonchent le sol.

Plus de peur que de mal

À Delray Beach, située à environ 30 minutes de Fort Lauderdale, les dommages ont été moins importants que prévu.

À son passage dans la localité, fréquentée par beaucoup de Québécois, l’ouragan était de catégorie 1 et les vents soufflaient à 130 km/h.

Notre envoyée spéciale Catherine Gauthier a rencontré Julie Lavoie, une Québécoise qui réside à Lake Worth et qui a décidé de rester chez elle pendant le passage d’Irma.

Elle confie qu’à un certain moment, « c’était épeurant » de rester « couchée dans son lit à entendre les branches tomber sur sa toiture ». « On se demandait si la toiture [allait] tenir le coup », a-t-elle ajouté.

Miami a aussi « échappé au pire de la tempête », selon les mots de son maire, Carlos Gimenez.

Là également, la priorité, outre le nettoyage des routes, demeure le rétablissement du courant. Environ 80 % du comté de Miami-Dade est toujours privé d'électricité et le maire admet que le retour à la normale « prendra un bout de temps ».

L'autre préoccupation est d'empêcher les pillages. La police de Miami-Dade a procédé à 29 arrestations pour des vols.

Inondé et fermé, l'aéroport international de Miami reprendra partiellement ses activités mardi, comme celui de Fort Lauderdale.

Irma s'invite dans d'autres États

En milieu de journée, l'oeil d'Irma a commencé à s'abattre sur la Georgie, ce qui a entraîné des inondations et des pannes de courant.

À Atlanta, la capitale de l'État, un avertissement de tempête tropicale a été lancé, et plusieurs écoles ont ainsi été contraintes de fermer leurs portes.

L'aéroport de la ville, le plus achalandé au monde, a dû annuler un millier de vols. Le transport en commun par autobus et par train a aussi été suspendu dans la métropole.

En fin de journée lundi, le Centre national des ouragans a fait savoir que le centre de la tempête se trouvait dans le sud-ouest de la Georgie, environ 15 kilomètres à l'est d'Albany. Mardi matin, la tempête devrait se déplacer vers l'Alabama, avant d'atteindre dans les prochains jours le Mississippi et le Tennessee.

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