Retour

Irma : « On va aller chercher notre monde », promet Couillard

Les gouvernements canadien et québécois ont toutes les intentions de rapatrier chacun de leurs citoyens qui se trouvent encore dans les régions affectées par le passage de l'ouragan Irma. Ottawa enverra une équipe de reconnaissance sur place, tandis que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a promis de tout faire pour venir en aide aux Québécois qui seraient en mauvaise posture.

Un texte de Bernard Barbeau et Raphaël Bouvier-Auclair

Parmi les 9000 Canadiens qui sont présents dans ces régions et qui se sont inscrits auprès des autorités fédérales, plus de 350 ont présenté une demande d'aide. Le Centre de surveillance et d’intervention d’urgence (CSIU) a traité plus de 1750 appels téléphoniques et courriels liés aux ouragans Irma et Jose.

Le directeur général à la sécurité des missions d'Affaires mondiales Canada, Reid Sirrs, a précisé que le Service d’inscription des Canadiens à l’étranger fonctionne sur une base volontaire et que ceux qui voyagent aux États-Unis ne s'y inscrivent habituellement pas. Mais à Ottawa, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a insisté : « Il est très important pour les voyageurs de s'enregistrer, surtout s'ils vont dans des endroits où il y a un danger particulier, afin que les autorités canadiennes soient en mesure de les contacter. »

Le fédéral a dit dimanche dans un communiqué qu'il déployait « tous les efforts possibles pour aider les citoyens canadiens touchés par l’ouragan Irma et ceux qui pourraient être affectés par l’ouragan Jose ».

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a par la suite déclaré sur Twitter qu'elle allait déployer « une équipe afin d'évaluer comment [son] gouvernement peut fournir de l'aide humanitaire dans la région ». Cette équipe d'évaluation des catastrophes, a-t-elle précisé, sera composée « d'experts d'Affaires mondiales Canada [et de] de responsables militaires », relevant de la Défense nationale. Radio-Canada a appris que cette équipe sera basée à Antigua et qu'elle quittera le Canada dès lundi matin.

Le gouvernement dispose aussi d'une équipe d’intervention en cas de catastrophe, qui peut quant à elle être déployée pendant une période de 60 jours pour aider les autorités locales des pays touchés. La décision d’envoyer cette équipe n’a pas encore été prise.

Une procédure adaptée

Au besoin, le gouvernement fédéral dispose de plusieurs outils pour rapatrier ses ressortissants à l'étranger.

Avant toute chose, les autorités fédérales évaluent la possibilité pour les ressortissants de rentrer au pays à bord de vols commerciaux.

Au Centre de surveillance et d’intervention d’urgence, à Ottawa, les représentants du gouvernement sont donc en contact avec des compagnies aériennes et des voyagistes.

Par exemple, malgré des annulations, l’entreprise Sunwing a envoyé des vols supplémentaires vers Saint-Martin en fin de semaine. Air Canada de son côté a dépêché un vol d’urgence aux îles Turks et Caicos dimanche.

Une autre option qui est évaluée par Ottawa est donc celle de noliser des vols. Le gouvernement pourrait aussi noliser des navires et ainsi permettre aux ressortissants de se rendre à un endroit à partir duquel ils pourront rejoindre le Canada.

Enfin, les autorités peuvent aussi avoir recours aux Forces canadiennes et à leur équipement pour faciliter le retour au pays de ces Canadiens.

À Affaires mondiales Canada, on affirme que toutes ces avenues sont encore évaluées et que les choses pourraient évoluer rapidement au cours des prochaines heures.

Couillard rassurant

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a promis, lors d'un point de presse à Saint-Hyacinthe, que Québec n'abandonnera personne dans les Antilles, ni à Cuba, ni en Floride, ni ailleurs.

« J’aimerais bien vous dire qu’on va tous aller les chercher aujourd’hui. Si c’était quelqu'un de ma famille, c’est ce que je souhaiterais », a mentionné M. Couillard.

« Il faut réaliser qu'actuellement, les conditions d'atterrissage sont très très difficiles en Floride et quasi-impossibles dans les Antilles parce qu'il y a un autre ouragan qui s'en vient », a-t-il avancé, en référence à la tempête Jose.

M. Couillard a aussi précisé qu'un navire militaire canadien se trouve actuellement à proximité des Bahamas. « Même pour ce navire-là, s'approcher des îles touchées est très compliqué à cause des dégâts », a-t-il souligné.

Par ailleurs, une quarantaine d'étudiants – plusieurs originaires de Saint-Martin et Saint-Barthélemy – se sont rassemblés dimanche après-midi au parc Lafontaine, à Montréal, pour manifester leur soutien à l'égard des sinistrés des Antilles.

Ils tenaient à rappeler que de nombreuses communautés y ont été dévastées et souhaitaient inciter le public à faire des dons. Ils ont lancé une campagne de sociofinancement sur le site GoFundme.

Plusieurs ont dit trouver très difficile d'être loin de leurs proches en cette période trouble.

« Ça fait cinq jours que je ne dors pas. Je me sens mal d'avoir un toit au-dessus de ma tête, de l'eau à boire à volonté, tout ça, et savoir que ma famille est dans la misère », a confié de son côté Taïnat Parisot, elle aussi de Saint-Martin.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine