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Ismael Habib a-t-il dit aux agents d'infiltration ce qu'ils voulaient entendre?

La Couronne a terminé sa preuve au procès du présumé sympathisant djihadiste Ismael Habib, à Montréal. L'avocat de la défense a tenté de soulever des doutes au sujet de la crédibilité de l'opération d'infiltration menée par la police. Habib aurait-il tout fait pour plaire aux agents d'infiltration afin qu'ils l'aident à retrouver sa famille?

Pendant près de six mois avant son arrestation en février dernier, Habib était entouré de policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui formaient une fausse organisation criminelle.

Le dernier témoin du ministère public était le cerveau qui élaborait les scénarios d'infiltration au sein de la GRC. En tant qu'agent couvreur, c'est lui qui donnait des directives aux agents d'infiltration.

Il a expliqué que pendant l'opération, la police pouvait compter sur l'aide d'un « agent civil », un commerçant prénommé Lyes qui avait la confiance d'Ismael Habib.

Cet homme était un leader de la communauté musulmane, embauché par la GRC pour fournir des informations et servir d'intermédiaire.

L'avocat d'Ismael Habib, Charles Montpetit, a souligné que l'agent civil était payé par la police pour son travail et qu'il servait donc ses propres intérêts en fournissant de l'information.

L'agent couvreur a aussi raconté qu'au tout début de l'opération d'infiltration, en juillet 2015, les enquêteurs de la GRC lui ont fourni une liste d'objectifs à remplir.

Par le biais de différents scénarios, les agents d'infiltration devaient obtenir de l'information sur le voyage qu'Ismael Habib avait fait en Syrie en 2013.

Ils devaient le faire parler sur la durée de son séjour, ses contacts là-bas, son entraînement et s'il avait l'intention d'y retourner. Les enquêteurs cherchaient aussi à savoir si Habib représentait un risque en sol canadien.

Me Montpetit a affirmé au témoin : « Il fallait le placer en Syrie. [...] Vous vouliez des informations qui renforcent vos objectifs ». L'agent couvreur a répondu qu'ils étaient tout simplement à la recherche de la vérité.

L'avocat d'Ismael Habib s'est aussi penché sur les déclarations faites par son client au grand patron de la fausse organisation criminelle.

Le 25 février dernier, quelques jours avant son arrestation, Ismael Habib a eu une longue discussion avec le policier en infiltration dans laquelle il a révélé vouloir se rendre en Syrie pour combattre aux côtés du groupe armé État islamique.

L'organisation criminelle était supposée l'aider à obtenir à faux passeport et à quitter le Canada.

L'avocat de la défense souligne que le groupe de malfrats avait fait comprendre à Habib qu'elle se cherchait des contacts en Syrie et que son aide pourrait leur être précieuse une fois rendu là-bas.

« Il devait absolument vous parler de ce que vous vouliez », a affirmé Me Montpetit, laissant entendre que Habib n'avait pas vraiment l'intention d'aller en Syrie, mais qu'il voulait l'aide du groupe pour aller au Moyen-Orient.

Ismael Habib s'était déjà défendu par le passé en disant qu'il avait l'intention d'aller dans cette région du monde pour rejoindre sa femme et ses enfants.

L'opération Solaire est toujours en cours

L'avocat d'Ismael Habib a tenté de connaître l'ampleur de l'opération de la GRC « Solaire », qui a mené à l'arrestation de l'accusé.

La procureur fédérale Lyne Décarie s'est rapidement levée en cour pour expliquer au juge Serge Delisle que « l'enquête est toujours en cours » et qu'il fallait donc être prudent avec l'information.

D'autres individus ont fait l'objet d'opérations d'infiltration (ou le font encore), mais Habib est le seul à avoir été accusé.

Rappelons que l'enquête à son sujet a été interrompue abruptement en février dernier lorsqu'il a été arrêté pour une affaire séparée de harcèlement.

Les parties seront de retour en cour le 23 janvier pour débattre sur la recevabilité de ses déclarations faites aux agents d'infiltration.

La décision du juge sera déterminante dans le choix d'Ismael Habib de témoigner ou non pour sa défense.

Qui a placé un GPS sur sa voiture?

Le mystère plane toujours autour d'un événement survenu fin février, pendant l'opération d'infiltration. Ismael Habib a trouvé ce qu'il croyait être un GPS sur sa voiture et l'a remis aux faux bandits qui l'entouraient. En cour, l'agent couvreur a expliqué qu'il s'agissait en fait d'une batterie de GPS et qu'il n'a aucune idée de la personne ou l'organisation qui avait tenté de suivre le véhicule de l'accusé.

La GRC a placé Ismael Habib sous écoute à partir du 27 octobre 2014.

L'homme de 29 ans est accusé d'avoir voulu quitter le Canada pour participer à des activités terroristes et de fausse déclaration dans le but d'obtenir un passeport.

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