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Israël et les territoires palestiniens en proie à une spirale de violence

Les violences qui secouent Israël et les territoires palestiniens depuis dix jours se sont étendues vendredi à la bande de Gaza, où six Palestiniens ont été abattus par l'armée israélienne. Dans le sud d'Israël, quatre Arabes ont été blessés à coups de couteau.

Les militaires israéliens ont ouvert le feu à travers la clôture qui sépare l'État hébreu de la bande de Gaza alors qu'environ 200 manifestants s'étaient approchés à moins de cent mètres, jetant des pierres et brûlant des pneus, a déclaré une porte-parole de Tsahal. Les services médicaux de Gaza ont fait état de six morts et 30 blessés.

La manifestation était organisée en signe de solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem et de Cisjordanie, où les tensions sont au plus haut après dix jours de violences qui ont coûté la vie à huit Palestiniens et quatre Israéliens au moins.

La colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que des visites régulièrement organisées par des groupes juifs, y compris par des élus, sur l'esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, finissent par remettre en cause le statut de l'endroit.

Le Hamas appelle à l'intifada

Les violences n'ont pas atteint l'intensité des première et deuxième « intifadas » de la fin des années 1980 et du début des années 2000 mais l'hypothèse d'un troisième « soulèvement » est désormais évoquée.

Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a ainsi estimé que ce vendredi marquait le début d'une troisième « intifada sur toute la terre de Palestine. »

« Nous donnons notre sang et notre âme pour Jérusalem », a-t-il dit, qualifiant de « héros » les Palestiniens ayant commis des agressions contre les juifs. « Gaza soutient la bataille de Jérusalem (...) Gaza est totalement prête », a ajouté le chef du mouvement islamiste.

À Dimona, une ville du sud d'Israël, quatre Arabes ont été poignardés par un seul agresseur dont le mobile était d'ordre « nationaliste », a déclaré la police israélienne. L'attaque a été qualifiée d'acte de « terrorisme » par un ministre.

À Afula, dans le nord de l'Etat hébreu, une arabe israélienne a été blessée de plusieurs balles par la police alors qu'elle brandissait un couteau. La police a déclaré
qu'elle avait essayé d'attaquer un garde dans une gare routière, ce que ne montre pas une vidéo de l'incident.

Dans la vieille ville de Jérusalem, un Palestinien a blessé à coup de couteau un juif de 14 ans. Un autre Palestinien a poignardé un policier près d'une colonie juive de Cisjordanie, avant d'être abattu.

« Nous sommes au milieu d'une vague de terreur », a dit jeudi soir le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, prévenant qu'il n'existait pas de solution rapide pour y mettre fin.

Tout en notant que les violences sont inorganisées pour la plupart, il a accusé les organisations palestiniennes ainsi que plusieurs pays de la région d'inciter les Palestiniens à la violence.

Le chef du gouvernement israélien et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont lancé des appels au calme et la police palestinienne continue de coopérer avec les forces israéliennes pour tenter de rétablir l'ordre mais rien ne semble pour l'heure apaiser la situation.

Face à la recrudescence des attaques palestiniennes, les maires de Jérusalem et d'autres villes ont appelé jeudi les Israéliens autorisés à porter une arme à s'en munir, une
initiative critiquée par certains responsables politiques qui ont mis en garde contre le risque de dérive.

Les États-Unis ont déclaré qu'ils considéraient les violences à Jérusalem-Est comme des actes terroristes. L'administration américaine « condamne dans les termes les plus forts les violences contre les citoyens israéliens et palestiniens », a déclaré John Kirby, porte-parole du département d'État.

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