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« Je commence à me sentir démunie » - Christiane Ayotte

Face aux révélations du rapport McLaren, Christiane Ayotte, la directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'Institut Armand-Frappier de l'INRS, est démoralisée.

« Je commence à me sentir démunie », a indiqué Mme Ayotte.

Le rapport McLaren révèle qu’un stratagème de dopage institutionnalisé en Russie aurait impliqué 1000 athlètes dans 30 disciplines, aux Jeux olympiques, dans les championnats du monde et d’autres compétitions de calibre international.

« Je n’en suis pas encore revenue. C’est l’étendue, mais surtout, c’est que [le dopage] était fait en toute impunité. Le laboratoire était bien sûr impliqué. On voit qu’ils raffinaient leur technique avec le temps. »

La véracité des conclusions ne fait pas de doute : il y avait bel et bien un système élaboré pour déjouer les mesures de dépistage. Et les athlètes étaient au courant.

« On peut prouver qu’un athlète qui accepte de donner une urine vierge sait très bien que c’est dans le but de remplacer une urine qui a des traces de dopage », a indiqué Ayotte.

Comme à l’époque soviétique

Le ministère russe des Sports a réfuté le rapport McLaren. C’est de la poudre aux yeux, selon Ayotte.

« Toutes les simagrées pour dire qu’il s’agissait d’une conspiration des États-Unis, c’est de la propagande.

« Pire, ils ont mis à la tête de l’agence antidopage RUSADA une athlète qui est suspectée d’avoir participé et qui en plus a dénoncé tout le processus. On n’est pas arrivé à une résolution du problème. Il va falloir que les Russes reconnaissent ce qui s’est passé, et ce n’est pas juste de la faute de (Grigory) Rodchenkov. »

Rodchenkov était directeur du laboratoire de Moscou pendant les Jeux de Sotchi. Il a dit au New York Times avoir participé à la préparation de produits dopants et à l’élaboration de moyens pour dissimuler des tests antidopage positifs.

« La Russie a criminalisé le dopage, mais elle cherche à faire un criminel de Rodchenkov. Tout le cheminement qui est fait, c’est pour l’attraper. »

Pour la suite des choses, Mme Ayotte espère que les mécanismes en place feront leur travail. À commencer par les Championnats du monde de bobsleigh, qui doivent être courus en Russie. « On verra ce qui adviendra, mais aucune compétition ne devrait se tenir en Russie. »

« Il va falloir que le CIO se tienne droit, comme l’a fait le Comité paralympique international. »

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