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« Je veux des actions », dit un témoin de l'enquête sur les femmes autochtones

La dernière journée d'audiences publiques de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a laissé les commissaires avec de nombreuses recommandations de la part des participants. Depuis mardi, plus de 40 personnes ont participé au processus.

« Si vous voulez ma confiance, vous allez devoir la mériter [...] Je ne veux plus de paroles. Je veux des actions », a lancé Terry Ladue dont la mère, Jane Dick Ladue, a été battue à mort par un conjoint alors qu'il n'avait que 4 ans.

Placé dans un centre d'accueil par les services sociaux l'année précédente, le témoin a admis avoir subi des abus sexuels et avoir passé de nombreuses années dans les rues de Vancouver.

Son jeune frère, Shaun LaDue [épellation différente voulue], a soutenu ne pas avoir de souvenirs de sa mère. « Le meurtre de ma mère est le résultat d'un génocide culturel, des pensionnats autochtones et de la rafle des années 60. »

Les attentes

Joan Jack suggère pour sa part l'élaboration par l'Enquête d'un processus de résolution de conflits pour aider les communautés autochtones dont « les façons de faire traditionnelles ont été anéanties par le colonialisme ». L'avocate, militante et participante à l'Enquête affirme par ailleurs que le seul moyen de modifier le racisme systémique est de nommer des dirigeants autochtones.

La présidente du cercle des femmes autochtones de Whitehorse, Krista Reid, appuie cette recommendation. « Nous ne réhabilitons pas les gens, nous ne réconcilions personne. Nous devons casser un système qui dirige du haut vers le bas, mais qui doit plutôt être dirigé des communautés vers le haut. » Elle croit par ailleurs qu'il faut enseigner l'histoire autochtone dans les écoles et financer des programmes d'immersion en langues autochtones comme ceux de langue française.

Ann Maje Raider, de la société des femmes autochtones de Liard, et dont la soeur a été assassinée, avait une longue liste de recommendations en commençant par un financement de base des groupes de femmes autochtones et un financement des programmes culturels.

Ann Maje Raider croit par ailleurs que le système de justice comporte des failles importantes qui nuisent aux femmes. « Combien de cas d'abus sont considérés non-fondés au Yukon? Combien à Watson Lake? Si le cas d'une femme est considéré non-fondé une première fois, pourquoi rapporterait-elle un abus de nouveau? »

Shaun LaDue suggère quant à lui la construction de monuments à la mémoire des femmes autochtones victimes dans chacune des communautés du pays, avec leurs noms engravés.

William Carlick, le frère de Wendy Carlick tuée le mois dernier, aimerait voir la spiritualité autochtone acceptée par la population en général. « J'entends souvent que le smudging [le fait de faire brûler de la sauge] ne fait pas partie des façons de faire. »

« Nous ne sommes pas démunis »

Dans une entrevue à la CBC, la commissaire en chef, Marion Buller, a affirmé que l'Enquête avait le pouvoir de recommander la réouverture de certaines enquêtes et anticipait également le faire. Elle a toutefois précisé qu'elle ne pouvait pas forcer la police à rouvrir les dossiers.

Dans ses commentaires de clôture, Marion Buller a affirmé que ces audiences avaient été émouvantes.

« En trois jours, nous avons entendu de nombreuses histoires de perte, nous avons entendu parler de colère, de peine, mais nous avons aussi entendu parler de courage et de force, mais probablement que le plus émouvant était la magie de la guérison qui débute. On l'a sentie ici. »

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