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« Je voulais l'aventure! » Une femme de Caraquet raconte son passage dans l'armée

Elle avait l'habitude de se lever au milieu de la nuit pour charger des bombes sur des avions de l'armée canadienne. C'était en pleine guerre froide, à une époque où les femmes commençaient à peine à accéder aux métiers opérationnels dans l'armée, mais Denise Dumaresque cherchait l'aventure.

Un texte de Catherine Allard

À Caraquet, on la connait comme la propriétaire du gîte l’Isle-du-Randonneur, qu’elle exploite depuis plus de 20 ans. Avant de s’installer dans la Péninsule acadienne, Denise Dumaresque a fait partie des tout premiers groupes de femmes à faire un « métier d’homme » dans les Forces armées canadiennes.

« À 18 ans, je ne comprenais pas pourquoi les femmes faisaient des études pour simplement retourner à la maison et élever une famille. Je voulais prouver que les femmes pouvaient faire mieux. » C’était en 1977. Elle décide de quitter la maison pour aller au camp d'entraînement de l'Aviation royale canadienne, au Québec.

Le premier déploiement de la soldate fut à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard. De là, elle a participé à des exercices aussi loin que l’Islande.

« Je travaillais dans les armes dans l’aviation. Je travaillais avec des bombes, des torpilles, des fusils, et des mitraillettes. On les réparait et on les installait dans les avions. »

Faire sa place dans un monde d’homme

Il y a aujourd’hui 9938 femmes dans les Forces armées canadiennes. Dans les années 1970, lorsque Denise Dumaresque s’est enrôlée, elles étaient environ 1500, mais leur engagement se limitait surtout à des rôles traditionnels dans les domaines de la médecine, des communications et de l’administration.

« C’était un monde d’homme, ou l’homme était supérieur, et nous on devait prouver qu’on était aussi bonnes qu’eux autres. Quand tu arrivais à te prouver, alors là ils étaient gentils avec toi. »

Elle se souvient qu’au début, les hommes étaient souvent choisis avant les femmes. « C’était toujours les hommes, pour faire les gros exercices, mais à la fin ils ont commencé à faire des rotations plus justes. »

La vie en temps de guerre

« C’était enivrant. J’étais toujours prête. Comme un enfant avec un nouveau jouet. En même temps, c’était inquiétant », raconte-t-elle.

Denise Dumaresque se souvient des entraînements difficiles et des exercices en pleine nuit. Elle n’a jamais été appelée à la guerre, mais pour elle, c’était tout comme.

« On nous réveillait en pleine nuit pour monter dans les avions. On ne savait pas si c’était un exercice ou bien une vraie attaque avant qu’on ait fini et là on nous disait “ OK, c’était juste un exercice ”. »

De femme militaire à femme de militaire

Denise Dumaresque a quitté l’armée après trois ans au sein des Forces canadiennes. Elle a rencontré l’amour à la base militaire de Summerside et a choisi de fonder une famille.

À l’approche du jour du Souvenir, elle a une pensée pour les femmes qui ont servi leur pays, mais aussi pour les conjointes des hommes qui sont partis à la guerre.

Des décennies plus tard, elle avoue qu’elle aurait aimé continuer son aventure dans l’armée. « C’est un regret que j’ai », dit-elle.

« Mais, ça a permis de montrer que les femmes pouvaient être autre chose que caissière. Elles peuvent faire mieux. »

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