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Jean-François Lisée nomme Véronique Hivon vice-chef du Parti québécois

Le chef péquiste Jean-François Lisée appelle sa collègue Véronique Hivon à la rescousse et la nomme vice-chef.

Dans une mise en scène bien orchestrée, M. Lisée avait réservé la surprise aux militants en procédant à cette annonce dimanche après-midi, au terme du Conseil national du Parti québécois à Saint-Hyacinthe.

Après avoir présenté celle qui serait vice-première ministre dans un gouvernement péquiste, M. Lisée a fait monter Mme Hivon sur scène. Ensemble, ils ont prononcé un discours teinté d'humour.

« Notre tout sera plus grand que la somme des parties », a lancé Véronique Hivon.

Aucune hésitation

Lors d’un point de presse conjoint, la nouvelle vice-chef du PQ admet ne pas avoir hésité ni avoir eu de craintes lorsque M. Lisée l’a approchée avec cette proposition en septembre dernier. Elle dit avoir fait ses devoirs et posé des questions avant d’accepter son offre.

« Quand on dit oui à une nouvelle aventure comme celle-là, quelque chose d’audacieux, c’est important de se parler et de voir notre degré de communication et puis à quel point on va être capable de travailler ensemble, parce que c’est comme cela qu’on avance. Vite, ça a été assez concluant », affirme-t-elle.

M. Lisée explique cette nomination par une « volonté de rassemblement ». Il dit avoir été inspiré par le modèle du ticket américain, c’est-à-dire une forme de collaboration où il existe une réelle hiérarchie. D’ailleurs, le tandem adoptera exactement cette approche pour le prochain rendez-vous électoral.

« On va faire campagne comme un ticket, parfois on sera ensemble, parfois on se répartira le travail », indique Jean-François Lisée.

Mme Hivon estime que cette décision du chef péquiste envoyait un « signal fort » en ce début d’année électorale. Elle ne semble pas se soucier outre mesure des « coups de gueule » du leader péquiste qu’elle dit être capable d’encaisser.

Désaccords

Questionnée à savoir qui tranchera les futurs désaccords, Mme Hivon se range derrière son chef.

« Vous savez, [dans] une vie de caucus, on est habitué à ça. C’est toujours un espace de délibérations où on trouve les consensus le plus possible et, au bout du compte, quand il faut trancher, c’est toujours le chef qui tranche. Ça va continuer comme ça. C’est tout simple », a répondu la nouvelle vice-chef.

Devant les journalistes, Jean-François Lisée a tenu à clarifier sa vision et sa position au sujet de futurs propos possiblement controversés de sa coéquipière.

« Ce qu’on veut vous dire simplement c’est : attendez-vous pas à ce que, lorsque Véronique fera une déclaration un peu fracassante, je reprenne exactement ses mêmes mots. Ça se peut que je vous dise le lendemain, vous allez me demander êtes-vous d’accord avec Mme Hivon?, écoutez, elle a son style », mentionne-t-il.

Modernité

Le nouveau tandem ne s'apparentera toutefois pas à ce qui se fait à Québec solidaire (QS), où Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois sont co-porte-parole, selon le chef péquiste.

Pourtant, il se dégage de cette nomination une image d’un duo formé d’un homme et d’une femme aux commandes d’un parti politique, image qui ressemble à celle véhiculée par QS.

« Ça donne une image de modernité, de collégialité, bien sûr, c’est ce qu’on veut faire, mais aussi d’addition […] Il faut parler à tous les Québécois, il faut élargir le dialogue avec des gens qui sont différents, mais qui veulent les mêmes objectifs », estime-t-il.

« Ça fait longtemps que je dis que la politique doit se faire de façon plus collégiale », s’est félicitée Véronique Hivon.

Cette annonce survient au moment où un sondage Léger–Le Devoir place le Parti québécois troisième dans les intentions de vote, à 20 %, derrière la CAQ (39 %) et les libéraux (28 %).

Véronique Hivon était, jusqu'à maintenant, porte-parole en matière de famille. Elle était d'ailleurs aux côtés du chef lors de l'annonce sur le plan de relance des Centres de la petite enfance (CPE) et le retour à la tarification universelle.

Mme Hivon a été brièvement candidate dans la course à la direction du PQ qui a couronné M. Lisée en 2016, après le départ de Pierre Karl Péladeau, mais elle avait dû se retirer pour des raisons de santé.

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