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Jeunes et légalisation du cannabis : une approche différente

La légalisation du cannabis force des intervenants à apporter des changements dans leur approche de sensibilisation auprès des jeunes.

Un texte de Félix Morrissette-Beaulieu

« Je pense qu'il faut s'adapter dans notre approche avec les jeunes. C'est un travail qu'on va avoir à faire de notre côté » croit Cindy Desrosiers, responsable de la maison des jeunes La Lucarne à Matane.

Selon elle, la légalisation du cannabis n'aura pas que des effets négatifs. Au contraire, depuis l'annonce d'Ottawa, elle remarque que la plupart des jeunes sont plus ouverts à parler du cannabis, ce qui permet aux intervenants d'aborder le sujet plus facilement avec eux.

Cette ouverture permet aux intervenants de sensibiliser plus facilement les jeunes sur les effets néfastes du cannabis, selon Madame Desrosiers.

Elle remarque également que les jeunes commencent à consommer la substance plus tard dans l'adolescence qu'auparavant. « C'est peut-être l'éducation qu'on a faite auprès d'eux qui fait son chemin », constate la responsable qui côtoie quotidiennement des jeunes de 12 à 17 ans.

La banalisation comme argument

La légalisation du cannabis aura peut-être aussi comme effet de banaliser la substance auprès des jeunes, de sorte que les intervenants doivent souvent redoubler d'efforts de sensibilisation.

« Là, ce qui arrive, c'est que les jeunes entendent que la marijuana va être légalisée, donc ils se disent "ça va être encore moins grave que j'en consomme" », constate Serge Dumont, coordonnateur pour les services en travail de rue du Bas-Saint-Laurent.

« Nous, ce qu'on leur rapporte c'est que, même si ce sera légal, ce sera 18 ans et plus la consommation de cannabis ».

« Peut-être que c'est un facteur encore plus qu'ils ajoutent dans leur petit bagage pour se dire que ce n'est pas grave que l'on consomme. Parce qu'avant, ils avaient des arguments aussi pour le fait que ce ne soit pas grave de consommer du cannabis », croit M. Dumont.

Les intervenants doivent donc rappeler constamment les effets néfastes de la consommation de cannabis auprès des jeunes pour surmonter cette banalisation.

Un flou juridique

Le flou juridique qui entoure la mise en pratique de la légalisation du cannabis force également les intervenants à changer leur approche, affirme Cindy Desrosiers.

Elle indique notamment que les jeunes ont beaucoup de questions. « Au niveau légal, c'est sûr que les jeunes ont plein de questions [...] On essaie de leur fournir le plus de renseignements possible, mais il faut continuer la prévention et la sensibilisation. C'est à nous de se répéter plus en leur disant que oui, le cannabis sera légal, mais on ne pourra pas consommer n'importe comment », conclut Madame Desrosiers.

Le vote final pour projet de loi fédéral C-45, qui vise la légalisation du cannabis, aura lieu le 7 juin au Sénat.

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