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Jeux olympiques de Calgary : qu'en reste-t-il 30 ans plus tard?

Il y a 30 ans, le 13 février 1988, les yeux du monde étaient rivés sur Calgary, qui donnait le coup d'envoi de ses Jeux olympiques. Retour sur ce que le CIO avait qualifié de « meilleurs Jeux olympiques d'hiver jamais organisés » et tour d'horizon de l'héritage qu'ils ont laissé trois décennies plus tard.

Un texte de Geneviève Normand

Même si l’Alberta traversait une période de crise économique majeure au début des années 1980, elle s'activait à organiser l’un des événements sportifs les plus en vue de la planète.

En septembre 1981, après trois candidatures infructueuses, le CIO attribue finalement les 15es Jeux olympiques d’hiver à Calgary, une ville à l’époque méconnue, mais grandissante. Ce sera la deuxième fois que le Canada est l’hôte des Jeux olympiques, après ceux de Montréal, à l'été 1976.

Calgary, ville olympique

La métropole albertaine, à l’époque, n'avait pratiquement pas d'installations sportives destinées à la pratique de sports d’élite. « Nous n’avions rien ici », se rappelle Frank King, alors président du comité olympique local.

Cette absence d’infrastructures était au cœur de la quatrième et dernière mise en candidature de la ville.

« Je sais que ça peut paraître arrogant, raconte Frank King, mais il n’y avait aucune raison de perdre une fois de plus. Il y avait des jeunes ici partout. Où allaient-ils pratiquer leurs sports? Ils n’avaient aucun endroit pour s’entraîner! »

Une fois les Jeux attribués à Calgary, la ville s'est transformée en chantier. L’anneau olympique, la place olympique, le parc olympique du Canada (devenu plus tard le parc olympique Winsport) et le Saddledome ont vu le jour dans la métropole. La station Nakiska, à environ une heure de route de Calgary dans les Rocheuses, a été construite pour accueillir les épreuves de ski alpin.

Certains autres lieux ont été modernisés. C’est le cas du stade McMahon, où se sont déroulées les cérémonies d’ouverture et de clôture. Aujourd’hui, il s’agit du stade des Stampeders de Calgary.

Contrairement à d’autres villes qui ont accueilli les Jeux olympiques d’hiver, Calgary utilise encore aujourd’hui ses installations, même 30 ans plus tard.

La place olympique, où se déroulaient les cérémonies de médailles, devient en hiver une patinoire publique. La station Nakiska accueille les plus grands skieurs du monde. Le parc olympique Winsport héberge plusieurs organismes nationaux de sports d’hiver et l’anneau olympique a enregistré plus de 300 records de patinage de vitesse depuis les Jeux de 1988.

Bref, cette expérience olympique a changé le visage de la ville et l’a transformée en plaque tournante des sports d’hiver au Canada.

D’ailleurs, des 12 organismes nationaux de sports d’hiver au Canada, 8 ont des bureaux à Calgary ou à Canmore.

Ils se souviennent de Calgary 1988

Frank King et Jerry Joynt étaient respectivement président et vice-président des communications pour le comité olympique local. Tous deux s’entendent pour dire que les infrastructures sportives constituent l’héritage principal des Jeux de 1988.

« C’est fabuleux, affirme Frank King en montrant du doigt les installations du parc olympique Winsport. Toutes les villes devraient avoir quelque chose comme ça ».

La passion avec laquelle les deux retraités parlent de l’expérience de Calgary est palpable. Des activités de financement aux rencontres avec Peter Lougheed (premier ministre de l’Alberta à l’époque), Frank King se souvient des Jeux de Calgary comme si c’était hier.

Une leçon apprise? « Il faut que les leaders de la communauté soient engagés dans le projet », dit celui qui se rappelle avoir cogné aux portes de nombreuses entreprises.

Son collègue Jerry Joynt, pour sa part, se dit aussi particulièrement fier de l’esprit olympique et de cette fierté qu’ont les Calgariens d’avoir accueilli le monde il y a 30 ans. « Les Jeux olympiques ont clairement été le moment fort de ma carrière », admet-il.

S’il devait formuler un conseil au comité de la Ville qui étudie en ce moment une possible candidature pour les Jeux olympiques d’hiver de 2026, ce serait le suivant : « Utilisons [les infrastructures] déjà existantes ».

Et les Jeux de 2026 dans tout ça?

Cette idée d’accueillir de nouveau les Jeux olympiques d’hiver est à l’étude depuis septembre 2016, moment où la Ville et Tourisme Calgary ont mis sur pied un comité pour évaluer ce projet.

À ce jour, Calgary est perçue comme une candidate sérieuse, mais la Ville souhaite s’assurer d’un engagement financier de la part des gouvernements provincial et fédéral avant de présenter de manière formelle sa candidature.

Il n’empêche que des administrateurs du CIO ont visité la métropole albertaine à la mi-janvier et n'ont eu que de bons mots à l'égard de Calgary. Les trois autres villes intéressées par les Jeux de 2026 sont Sion (Suisse), Stockholm (Suède) et Sapporo (Japon).

Une délégation provinciale, composée notamment du maire de Calgary et de deux ministres albertains, est par ailleurs en visite en ce moment à Pyeongchang.

Les villes ont jusqu'à la fin mars pour indiquer au CIO qu'elles souhaitent poser leur candidature pour 2026.

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