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Jeux vidéo d’action : des effets négatifs sur le cerveau

Les personnes qui ont l'habitude de jouer à des jeux vidéo de tir à la première personne du type « Call of Duty » ont moins de matière grise dans leur hippocampe, une partie essentielle du cerveau. Tous les jeux vidéo ne présentent pas ce danger, et une modification des concepteurs pourrait l'atténuer. Explications.

Un texte d'Alain LabelleDepuis quelques années, plusieurs recherches ont montré que les joueurs de jeux vidéo de tir à la première personne avaient une meilleure attention visuelle, une meilleure mémoire à court terme et une motricité fine meilleure que la normale.

Des études menées récemment par Gregory West, professeur de psychologie à l’Université de Montréal, et Véronique Bohbot, professeure de psychiatrie à l’Université McGill, montrent que ces jeux peuvent faire plus de mal que de bien.

Les chercheurs ont montré que les personnes qui ont l’habitude de jouer à des jeux vidéo d’action ont moins de matière grise dans leur hippocampe. Or, plus l’hippocampe est affaibli, plus un individu risque de souffrir de maladies mentales comme la dépression, la schizophrénie, le trouble de stress post-traumatique ou même la maladie d’Alzheimer.

De l’importance de l’hippocampe…

L’hippocampe est la partie du cerveau qui aide les gens à s’orienter dans l’espace (mémoire spatiale) et à se souvenir de leurs expériences passées (mémoire épisodique). Il a déjà été montré que, par exemple, les chauffeurs de taxi possèdent un hippocampe très développé.

… et du striatum

Il existe une autre région d’une grande importance dans le cerveau, le striatum. Celle-ci est constituée de ce qu’on appelle le noyau caudé, qui agit un peu comme un « autopilote » et un « système de récompense ». Elle nous permet de revenir chez nous après le travail, par exemple, et nous indique quand nous devons manger. Le noyau caudé nous aide aussi à acquérir des habitudes et à nous rappeler comment faire les choses, comme rouler à bicyclette.

Il a été montré que la pratique des jeux vidéo stimule davantage le noyau caudé que l’hippocampe. Par conséquent, l’hippocampe est moins sollicité, perd des cellules et s’atrophie.

« Les joueurs de jeux vidéo d’action sont presque deux fois plus susceptibles d’utiliser leurs noyaux caudés ou circuit de la récompense du cerveau (83 %) que les non-joueurs (43  ) », explique Véronique Bohbot.

Les chercheurs expliquent qu’il n’est ainsi pas recommandé pour des personnes atteintes de certaines maladies (mentionnées ci-haut) de suivre des traitements axés sur la pratique de jeux vidéo d’action.

Différents jeux, différents effets

Les chercheurs ont demandé à des participants de jouer à des jeux vidéo de tir à la première personne tels que Call of Duty et Killzone ainsi qu’à des jeux en 3D comme Super Mario pendant 90 heures.

Leurs résultats montrent que chacun de ces deux types de jeux a un effet différent sur le cerveau.

Il a été montré que l’apprentissage spatial est associé à des augmentations de la matière grise dans l’hippocampe durant le déroulement du jeu vidéo. « Il est possible d’inciter les joueurs recourant à une stratégie de réponse par stimulus à adopter des stratégies d’apprentissage spatial pour contrer les effets négatifs sur le système de l’hippocampe », explique Greg West.

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Molecular Psychiatry, les fabricants de jeux vidéo pourraient modifier la conception de leurs produits pour favoriser des stratégies d’apprentissage spatial, et ainsi favoriser le maintien de la matière grise dans l’hippocampe.

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