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« John le djihadiste » visé par une frappe aérienne américaine

L'armée américaine a mené une frappe aérienne en Syrie visant Mohammed Emwazi, alias « John le djihadiste », bourreau britannique du groupe armé État islamique (EI), a déclaré jeudi un responsable américain.

« Un véhicule transportant quatre dirigeants étrangers de l'État islamique, y compris un djihadiste britannique, a été touché par une frappe de drone américaine juste après le bâtiment du gouvernement dans la ville de Raqqa », affirme Rami Abdoulrahman, directeur de l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH).

L'OSDH ne confirme pas explicitement que ce ressortissant britannique est l'activiste Mohamed Emwazi.

Selon le Pentagone, l'examen de l'efficacité de la frappe dans le bastion de l'EI est en cours.

D'informaticien à bourreau de l'EI

Mohammed Emwazi est né au Koweït en 1988 dans une famille apatride d'origine irakienne. Il déménage à l'âge de 6 ans pour Londres avec ses parents, fuyant la Guerre du Golfe de 1993.

On peut lui attribuer jusqu'ici une vie plutôt normale : passionné de football et de jeux-vidéos, il a tout du jeune londonien typique et ne semble pas porté vers la religion, selon ses camarades de classe. Studieux, il gradue en sciences informatiques de l'Université de Westminster en 2009.

Mais peu après l'obtention de son diplôme, il éveille les soupçons des services secrets britanniques en entreprenant un « safari de célébration » en Tanzanie avec deux amis. Le MI6 le suspecte de se rendre en réalité en Somalie pour rejoindre les rangs du groupe terroriste Shabab. Il est finalement renvoyé chez lui.

Plusieurs altercations avec les autorités britanniques plus tard, il décide de d'aller au Koweït pour se fiancer et travailler dans une société informatique locale. En 2010, il est de nouveau retenu par les unités anti-terrorisme britanniques lors d'un bref retour à Londres. On ne lui permet pas de rentrer au Koweït. Il cherche à quitter le pays en 2012, mais les autorités l'en empêchent. Il disparaît sans laisser de traces.

En 2013, Mohammed Emwazi est déjà à Raqqa, en Syrie, avec l'État Islamique. Il prend le nom d'« Abu Abdullah al-Britani » et gravit rapidement les échelons du groupe armé.

« Froid, sadique et impitoyable »

Son surnom lui est attribué par un groupe d'otages qui le décrit comme appartenant à la section « Beatles » de l'État Islamique, une cellule de combattants à l'accent britannique.

En aout 2014, on le voit s'exprimer en anglais dans la première décapitation filmée de ces otages.

Le journaliste Javier Espinosa, ancien otage de l'organisation, raconte dans El Mundo : « Il voulait un maximum de spectacle : il avait sur lui une épée antique, dans le genre de celles des armées musulmanes du Moyen-âge. Une lame d'environ un mètre, avec une poignée en argent ». Il rajoute qu'Emwazi éprouvait un malin plaisir à détailler graphiquement comment il décapitait ses otages.

Une autre de ces victimes l'avait qualifié de « type froid, sadique et impitoyable ».

L'organisme britannique Cage attribue la radicalisation de Mohammed Emwazi à la brutalité et au harcèlement dont Mohammed fut victime de la part des autorités britanniques jusqu'en 2012.

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