Johnny Hallyday est mort à l'âge de 74 ans, a annoncé son épouse. Ce monstre sacré de la musique populaire française laisse derrière lui un héritage considérable et des milliers d'admirateurs.

« Johnny », comme on l'appelle affectueusement dans l'Hexagone, souffrait depuis plusieurs mois d'un cancer des poumons. Il avait été hospitalisé le 13 novembre pour insuffisance respiratoire, mais son état s'était stabilisé par la suite.

Le président français Emmanuel Macron lui a rendu hommage en affirmant qu'on a « tous en nous quelque chose » du chanteur. « De Johnny Hallyday nous n'oublierons ni le nom, ni la gueule, ni la voix, ni surtout les interprétations, qui, avec ce lyrisme brut et sensible, appartiennent aujourd'hui pleinement à l'histoire de la chanson française. Il a fait entrer une part d'Amérique dans notre Panthéon national », ajoute le communiqué de l'Élysée.

Monstre sacré du rock français, champion des ventes de disques et des tournées triomphales, Johnny Hallyday, c'était d'abord un look, un son, et bien sûr une gueule.

Sa carrière prend son envol en 1960. Le jeune adolescent de 17 ans, originaire d'une famille d'artistes de cirque, rêve de gloire et de rock and roll.

Ses premiers succès misent sur son image de tombeur et s'inspirent de ses idoles américaines.

Dans les premières années de sa carrière, il présente des spectacles au Québec. Ici comme en France, les jeunes l'adorent.

Les années 1960 et 1970 le verront trôner au sommet des palmarès en France. Pendant ses spectacles, on assiste à des émeutes, à des scènes d'hystérie. Il devient une icône et est sacré « idole des jeunes », puis « roi du rock ».

Amoureux du rock, il surfe tout de même sur tous les styles, s'adaptant aux modes et devenant, au fil du temps et des décennies, un incontournable de la culture populaire francophone.

Johnny Hallyday a enregistré plus de 1000 chansons, vendu 110 millions d'albums dans sa carrière, et fait une centaine de tournées.

Même s'il est une star dans la francophonie, son succès ne traversera pourtant jamais les frontières de l'Europe. Avec ses tics, son style et ses influences américaines, il reste une exception culturelle française.

Une nouvelle famille

Bien qu'il consacre sa vie à la musique, il mène en parallèle une discrète carrière d'acteur. Aussi débridé qu'il puisse être sur scène, il surprend au cinéma par un jeu retenu et tout en nuances.

Dans le film Jean-Philippe, en 2005, il interprète... Johnny Hallyday, devenu garagiste plutôt que rock star.

Alors que dans les années 2000 il est en voie de devenir le papi du rock français, il fonde une nouvelle famille. Déjà père de deux enfants adultes, il adopte deux filles avec sa dernière femme, Laeticia, de 32 ans sa cadette.

À la même époque, il multiplie les duos. Les chanteuses québécoises à voix font partie de ses partenaires favorites.

« C’est quelqu’un qui a traversé le temps, qui avait des gens dans son public de toutes les générations », affirme Monique Giroux, animatrice à ICI musique.

Pour l’interprète Isabelle Boulay, qui a partagé la scène avec Johnny Hallyday, « c’est quelqu’un qui avait la force du Phœnix, il s’était relevé de tellement d’épreuves qu’on avait l’impression qu’il allait échapper à la mort. C’est presque irréel qu’il ne soit plus là ».

Une tournée d'adieu qui n'en était pas une

À 66 ans, en 2009, le rockeur incandescent annonce qu'il ne veut pas devenir pathétique aux yeux de son public. Il entame une grande tournée d'adieu, Tour 66 et subit, parallèlement, plusieurs opérations pour un cancer du côlon et une hernie discale.

Mais la plus grande vedette de l'Hexagone n'allait pas s'arrêter là. En 2011, il repart en tournée, avec le spectacle Jamais seul qu'il viendra présenter l'année suivante sur les plaines d'Abraham, au Festival d'été de Québec.

Il avait offert une prestation dont Daniel Gélinas, qui était directeur du Festival d'été à l'époque, est encore fier à ce jour.

Daniel Gélinas n'a pu s'empêcher d'imaginer l'ampleur du deuil qui attend la France, puisque, selon lui, « tout le monde se retrouvait dans ce gars-là », y compris la classe intellectuelle française.

« C'est la fin d'une grande époque artistique pour les Français », selon M. Gélinas, qui a salué l'attachement des citoyens de l'Hexagone pour le chanteur qui faisait carrière depuis la fin des années 1950.

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