Retour

José Bové monte aux barricades pour stopper l'accord de libre-échange Canada-Europe

L'accord de libre-échange Canada-Union européenne mettrait en péril le « tissu social » des populations des deux côtés de l'Atlantique et doit être stoppé. Tel est le plaidoyer que le député européen José Bové, de passage à Montréal, a livré à ICI Radio-Canada.

L'ex-militant altermondialiste prendra part mardi en soirée, au Centre Saint-Pierre à Montréal, à une discussion publique visant à dénoncer l'Accord économique et commercial global (AECG) qu'Ottawa doit signer le 27 octobre prochain à Bruxelles.

Pour le député écologiste, ce projet d'accord menace la survie des petites et des moyennes entreprises, tant canadiennes qu'européennes, et ce, au profit des grands groupes et des multinationales « qui ont tout à gagner » avec l'AECG.

Le premier ministre français, Manuel Valls, sera lui aussi au Canada à compter de mercredi cette semaine, mais pour promouvoir ce projet d'accord. Il rencontrera les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard, et visitera Ottawa, Montréal et Québec.

Du McDonald de Millau à Montréal

En 1999, alors responsable d'un syndicat d'agriculteurs, José Bové avait procédé à la démolition symbolique d'un restaurant McDonald's en construction, à Millau, en France. Le tout pour dénoncer la libéralisation de l'agriculture par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La bataille qu'il mène désormais est proche parente de celle qui l'avait rendu célèbre il y a près de 20 ans : José Bové est convaincu que l'AECG menace le modèle social dont bénéficient, notamment, les fermes et autres entreprises familiales. 

M. Bové soutient que la signature de l'AECG pourrait entraîner la disparition de 23 000 emplois au Canada. Dans une entrevue accordée sur les ondes de ICI Radio-Canada Première, le député vert dit appuyer ses prédictions sur des conversations qu'il a eues avec la Commission européenne et des entrepreneurs.

Après le Canada, l'Union européenne se tournera vers les États-Unis, dit Bové

José Bové voit également d'un mauvais oeil la ratification éventuelle d'un traité de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis.

Une mobilisation grandissante

En Europe, des associations de consommateurs, des défenseurs de l'environnement et des syndicats se sont fortement mobilisés contre l'AECG, de l'avis de José Bové. Selon lui, ces opposants dénoncent l'éventualité que, en vertu de l'accord, des multinationales fassent changer la législation des pays lorsque ces lois vont à l'encontre de leurs intérêts.

« On est à la croisée des chemins, on peut encore gagner, mettre des bâtons dans les roues et empêcher que ce traité se mette en place », dit José Bové, qui souhaite mobiliser les Canadiens contre le libre-échange.

M. Bové est accueilli à Montréal par le Conseil des Canadiens, le Réseau québécois sur l'Intégration continentale (RQIC), Vigilance OGM, l'Union nationale des fermiers, l'Union paysanne et Stop oléoduc. D'autres membres sont également associés à l'événement, dont le Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) et la CSN.

Avec les informations de Vincent Rességuier

Plus d'articles