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Jusqu'où iriez-vous pour réduire votre prime d'assurance vie?

De plus en plus de compagnies d'assurance offrent des programmes interactifs où les clients peuvent fournir des données quotidiennes témoignant de saines habitudes de vie en échange de réductions de primes. Mais la divulgation de ces données personnelles pourrait-elle se retourner contre l'assuré?

Au Québec, Manuvie est la première compagnie d’assurance vie à offrir un tel programme, appelé Manuvie Vitalité. L'assureur fournit aux clients un bracelet Fitbit, qui permet d’enregistrer différentes données, comme le rythme cardiaque, les minutes d’activité physique, les pas effectués dans une journée, etc.

Pour mettre sur pied ce programme, l'assureur affirme s’être fondé sur des études selon lesquelles les principales maladies chroniques qui sont responsables de plus de 50 % des décès prématurés sont causées par de mauvaises habitudes de vie.

« En gros, c’est une assurance vie qui récompense les gens qui prennent soin d’eux-mêmes, par exemple en faisant de l’exercice ou en prenant un rendez-vous annuel chez le dentiste », soutient Jean-Christophe Paquin, conseiller en sécurité financière.

Plus le bracelet Fitbit enregistre de bonnes habitudes de vie, plus l’assuré amasse des points, explique M. Paquin. Ces points donnent ensuite accès à des réductions de prime, puis à des cadeaux comme un rabais sur un abonnement dans un centre d'activité physique.

Danger de perte de contrôle

Les citoyens doivent être conscients qu’ils communiquent des renseignements sensibles sur leur mode de vie à leur assureur, croient cependant certains experts.

Qu’arrive-t-il si le bracelet enregistre un événement qui détériore notre état de santé? « Une fois qu’on a accepté de divulguer cette information et que les données sont transmises, on ne peut plus invoquer notre droit à la vie privée, parce qu’on y a déjà renoncé », évoque M. Lampron, en entrevue à ICI Radio-Canada Québec, au moment où Manuvie avait fait l'annonce de son programme, sous forme de projet pilote.

« C’est dans la Charte québécoise [des droits et libertés de la personne], les compagnies d’assurance ont le droit de prendre des mesures discriminatoires, en établissant des primes différenciées en fonction du sexe, de l’âge et de l’état civil, par exemple, tant que ces distinctions reposent sur une évaluation actuarielle du risque. »

« L’argument du projet pilote qui n’aurait pour seule vocation que d’avantager l’assuré, je n’y crois absolument pas, ajoute-t-il. C’est certain que derrière ce programme, il y a un avantage dont les compagnies d’assurances vont profiter. »

À l’instar de M. Lampron, Cynthia Beaulé, porte-parole de la direction de la surveillance à la Commission d'accès à l'information, émet des réserves.

« Est-ce que les renseignements recueillis pourraient servir dans le cadre d'une analyse d'une réclamation et servir à ne pas indemniser la personne? Est-ce que les renseignements pourraient être communiqués à des tiers, à d'autres assureurs, et nuire à l'assurabilité future de la personne? »

Guy Couture, vice-président à Manuvie, assure toutefois qu’un « mur » sépare le programme Vitalité de la compagnie, qui ne peut pas avoir accès à l’information détaillée compilée par les bracelets de ses clients.

Avec les informations de Maxime Bertrand

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