Le premier ministre Justin Trudeau rencontrera le président Trump à Washington pour discuter du renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Le chef du gouvernement canadien poursuivra ces négociations avec son homologue mexicain, autre partenaire de l'ALENA, plus tard cette semaine.

Ce voyage s'inscrit dans le contexte difficile des relations économiques entre le Canada et les États-Unis, Washington ayant décidé, au cours des derniers jours, d’infliger à Bombardier des droits antidumping de 80 % et des droits compensatoires de 220 %.

Il coïncide également avec le début du quatrième cycle de renégociation de l'ALENA cette semaine à Arlington, aux États-Unis.

Déjà, le président américain Donald Trump ne cache guère son intention de tout simplement « déchirer » l’ALENA, s'il ne favorise pas davantage les Américains. Dans une entrevue publiée mardi par le magazine américain Forbes, M. Trump dit croire que l’accord a besoin d’être rompu pour ensuite être en mesure de négocier une « bonne entente ». Il a ajouté préférer les accords bilatéraux.

Lors de sa rencontre avec M. Trump, le premier ministre canadien Justin Trudeau devrait soulever les dossiers de Bombardier et de l’ALENA, tout comme celui du bois d'œuvre.

Pas un voyage pour « sauver l’accord »

Le bureau du premier ministre insiste cependant sur le fait que Justin Trudeau ne se déplace pas à Washington pour essayer de sauver l'ALENA, bien qu’il aille aussi rencontrer des membres influents de la Chambre des représentants en matière de commerce international pour discuter de l'avenir de l'accord.

D'ici là, le premier ministre participera en soirée à un sommet de femmes influentes à Washington, où il prononcera un discours sur l'égalité entre les hommes et les femmes.

Il se rendra ensuite au Mexique, jeudi, pour une première visite officielle dans ce pays.

Une visite qui tombe à point

Tout le monde s'attend à ce que la renégociation de l'ALENA entre dans une étape plus difficile cette semaine, puisque les trois premiers cycles n'ont permis jusqu'ici de faire des avancées que sur des enjeux peu controversés.

Mais à la table, cette semaine, les choses pourraient se corser, étant donné qu'il sera probablement question du marché des produits laitiers, de l'industrie automobile et du processus de règlement des conflits. Dans ce contexte, une rencontre entre Justin Trudeau et Donald Trump ne peut pas nuire.

L’ALENA… et les Penguins de Pittsburgh

Le président américain ne semble d'ailleurs pas rater une occasion de commenter l’ALENA.

Donald Trump a amené le sujet sur le tapis lors d’une cérémonie, mardi après-midi à la Maison-Blanche, pour rendre hommage aux champions en titre de la Coupe Stanley, les Penguins de Pittsburgh.

Lorsque M. Trump a présenté le copropriétaire des Penguins, Ron Burkle, il l’a décrit comme un « ami de longue date » et un « négociateur formidable », qu’il voudrait bien avoir à ses côtés à la Maison-Blanche.

Puis il s’est tourné vers M. Burkle en lui demandant de « renégocier nos ententes commerciales horribles. »

« Je suis content de vous accueillir ici aujourd’hui Ron, » a poursuivi le président Trump en s’adressant au milliardaire américain. « Mais j’insiste : si vous voulez vous impliquer dans les négociations de l’ALENA, je vous donne le feu vert. »

« Peut-être qu’il n’aimera pas cela, parce qu'il est peut-être de l’autre côté, » a dit Trump sur un ton ironique. « Voilà ce qui arrive. C’est pourquoi c’est tellement difficile de refaire ces ententes commerciales. Vous n’êtes pas de l’autre côté de l’ALENA, n’est-ce pas Ron? »

« Non, » a répondu Burkle, le sourire aux lèvres, en serrant la main du président.

L’échange a été suivi de quelques applaudissements dans l’assemblée.

Le quatrième cycle de renégociation de l'ALENA se déroulera du 11 au 17 octobre.

Avec les informations de Madeleine Blais-Morin

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