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Justin Trudeau est en train de perdre la confiance des Canadiens, disent le NPD et le Bloc québécois

Les travaux parlementaires tirent à leur fin et tant le Nouveau Parti démocratique que le Bloc québécois prédisent que la confiance des Canadiens envers Justin Trudeau va s'effriter en 2017. Même que cette désaffection est déjà commencée, disent-ils.

Alors qu’ils s’apprêtent à entamer la pause de la période des Fêtes, le NPD et le Bloc québécois ont dépeint de manière sombre la première année au pouvoir du gouvernement de Justin Trudeau.

Dans des conférences de presse successives à Ottawa mercredi, ces deux formations d’opposition ont affirmé, chacune à leur manière, qu’après avoir accordé une majorité aux libéraux lors du scrutin de 2015, les électeurs canadiens commencent à déchanter.

Sauf que, tout en traçant leur bilan, les chefs du NPD et du BQ, Thomas Mulcair et Rhéal Fortin, n’ont pu éluder la question de la course à la direction qui occupera leur parti respectif en 2017. Dans un cas comme dans l’autre, les mois à venir apporteront du changement et, vraisemblablement, des débats.

« Les libéraux, une méchante combinaison »

Relativement à la performance des libéraux de Justin Trudeau, Thomas Mulcair la considère comme étant si décevante qu’elle engendre, selon lui, un sentiment de « trahison » au sein de la population canadienne. Trahison parce que « les gens sentent qu’il y a rupture entre les promesses et les actions » du gouvernement, affirme le chef sortant du NPD.

« Les libéraux sont une méchante combinaison d’arrogance et d’incompétence », lance M. Mulcair.

Le chef néo-démocrate soutient que les libéraux sont « un peu enivrés » par leur popularité et s’imaginent, par conséquent, pouvoir « se permettre n’importe quoi ».

À preuve, dit-il, les réponses fournies par le premier ministre relativement aux « soirées de financement privilégié pour les riches ». M. Mulcair fait ainsi référence à une activité de financement organisée en mai dernier et pour laquelle des hommes d’affaires chinois ont payé 1500 $ pour s’entretenir avec Justin Trudeau.

« M. Trudeau, en donnant les réponses qu’on a vues cette semaine, […] est en train d’admettre qu’il est en train d’enfreindre la loi, a déclaré Thomas Mulcair. Mais il trouve […] qu’il peut continuer à faire fi de la loi. C’est ça le problème de base. »

Lait, bois d'oeuvre et environnement : autant de déceptions, dit le NPD

Autre dossier sur lequel les libéraux de M. Trudeau ont fait preuve « d’incompétence » et « d’incurie », selon le NPD : le sort des producteurs laitiers du pays, qui perdent des centaines de millions de dollars par année en raison d’importations américaines de concentrés protéiques liquides, ou lait diafiltré.

« On est en train de les [les Américains] laisser importer quelque chose qui n’est pas du lait, donc pas tarifé », dénonce M. Mulcair. « Et une fois que c’est au Canada, magie, ça devient du lait. Car seul le lait a le droit d’entrer dans la confection du fromage ».

Le bois d’œuvre illustre aussi les « promesses brisées » des libéraux, affirme quant à elle la députée néo-démocrate de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau. « Il n’y a rien d’annoncé, de concret », déplore-t-elle.

Au plan environnemental, le NPD dénonce que les projets environnementaux et énergétiques ne soient pas passés au crible en vertu d’un programme d’analyse entièrement renouvelé, comme l’avait promis Justin Trudeau. Et Thomas Mulcair fustige Justin Trudeau pour avoir repris « le plan, l’échéancier et les cibles » qu’avait établis son prédécesseur, le conservateur Stephen Harper.

Je ne crois pas que les Canadiens qui ont voté pour Justin Trudeau en 2015 s’attendaient au plan de Stephen Harper sur les gaz à effet de serre.

Thomas Mulcair, chef sortant du NPD

Le Québec désavantagé, selon le Bloc québécois

Le Bloc québécois considère aussi que la confiance des Canadiens envers Justin Trudeau « commence à s’effriter ».

Les Québécois, disent les députés du Bloc québécois, constatent que le gouvernement libéral accordera une garantie d'emprunt additionnelle de 2,9 milliards de dollars pour le projet de centrale hydroélectrique de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador.

« Terre-Neuve veut entrer en concurrence avec le Québec sur le marché énergétique, mais avec l’argent des Québécois qu’on envoie à Ottawa », décrie Rhéal Fortin.

M. Fortin dénonce qu’Ottawa n’ait toujours pas aidé Bombardier et qu’il n’offre aucun plan d’aide sérieux aux producteurs laitiers qui verront entrer des milliers de tonnes de fromages fins européens lors de l'entrée en vigueur de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE). En novembre dernier, l’octroi de 350 millions de dollars annoncé par le gouvernement canadien à ces producteurs a été qualifié de « très décevant » par le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre.

Martine Ouellet, « une candidate sérieuse » pour le Bloc québécois

Pour ce qui est de la course à la direction imminente au sein du Bloc québécois, Rhéal Fortin dit de Martine Ouellet qu'elle représente une « candidate sérieuse ».

Elle « sera prise en considération le cas échéant », a précisé le chef intérimaire, ajoutant du même souffle que la députée péquiste était encore « en réflexion ».

L'actuelle députée de Vachon a effectivement confirmé, la semaine dernière, qu'elle pourrait se lancer dans la course. Candidate défaite dans la course à la succession de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois, Martine Ouellet se donne jusqu'en janvier ou en février prochain pour préciser ses intentions vis-à-vis du Bloc.

Rhéal Fortin n'a pas voulu céder aux spéculations relativement à ce qui pourrait se passer, se contentant de préciser que « des candidatures commencent à se manifester ».

Quelle que soit l'issue de cette course, affirme en substance M. Fortin, « ce sera un plus pour le Bloc », dit-il.

Des appuis confirmés

Martine Ouellet affirme que ce sont des militants du Bloc québécois qui lui ont soufflé l'idée de sauter dans l'arène fédérale. D'ores et déjà, elle peut compter sur l'appui du député de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères, Xavier Barsalou-Duval.

Une cinquantaine de membres de la formation politique la soutiennent également, par exemple, les ex-députés Hélène Alarie, Robert Bouchard, Diane Bourgeois, Yves Rocheleau et Antoine Dubé, de même que plusieurs anciens candidats et présidents de circonscription.

Mais comme l'a répété Rhéal Fortin, mercredi, il reviendra aux membres du parti de déterminer les règles de cette course à la direction, lors du conseil général prévu le 4 février 2017.

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