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Justin Trudeau n'aura pas à témoigner devant un comité pour ses vacances chez l'Aga Khan

Le Comité permanent de l'éthique (CPE) de la Chambre des communes a rejeté la motion des conservateurs qui demandait à Justin Trudeau de témoigner au sujet de ses vacances dans l'île privée de l'Aga Khan, l'an dernier.

La manœuvre de l'opposition pour forcer le premier ministre à témoigner a été rejetée à six voix contre trois, résultat peu surprenant compte tenu du fait que les libéraux sont majoritaires au CPE.

Pour Mona Fortier, membre du comité et députée libérale d’Ottawa-Vanier, le CPE n’est pas la meilleure tribune pour permettre à Justin Trudeau de se défendre.

« Il a, selon moi, répondu à toutes les questions et s’est excusé. Il va sûrement continuer à répondre dans le cadre de sa tournée ou dans le cadre la prochaine période de questions. [...] Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de recevoir le premier ministre [devant le comité]. »

Justin Trudeau croit pour sa part que la requête de l'opposition ne visait qu'à marquer des points politiques et à ramener à l'avant-plan le rapport accablant de la commissaire à l'éthique, déposé tout juste avant les vacances de Noël.

Le premier ministre a aussi rappelé mardi qu'il collaborait pleinement avec le Commissariat à l'éthique et aux conflits d'intérêts à ce sujet.

Mercredi, ce sera au tour de Mary Dawson de comparaître devant le CPE, à titre d'ex-commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique. Elle devra répondre aux questions des députés sur son rapport, qui blâme sévèrement Justin Trudeau.

Avant Noël, Mme Dawson, dont le mandat s'est terminé lundi, a déterminé que M. Trudeau avait enfreint quatre articles de la Loi sur les conflits d'intérêts en passant ses vacances avec sa famille et des amis sur l'île privée de l'Aga Khan dans les Bahamas, qui ont coûté plus de 200 000$ aux contribuables.

Les conservateurs veulent des réponses

« On souhaiterait que M. Trudeau vienne expliquer devant les Canadiens pourquoi quatre articles de la Loi sur les conflits d’intérêts ont été bafoués », avait indiqué le député conservateur de Lévis-Lotbinière et porte-parole adjoint en matière d’éthique, Jacques Gourde.

Selon Mme Dawson, ce séjour pourrait être perçu comme un cadeau visant à influencer le premier ministre.

« Un premier ministre doit être au-dessus de tout soupçon », avait martelé Jacques Gourde.

« Cela soulève des questions qui vont au-delà de la rencontre avec l'Aga Khan, avait dit devant le comité le député conservateur et porte-parole en matière d'éthique Peter Kent. Cela soulève des questions sur toute rencontre que le premier ministre pourrait avoir à l'avenir (...) avec ceux qui cherchent des faveurs ou du financement de la part du gouvernement fédéral. »

Le député néo-démocrate de Skeena-Bulkley Valley et membre du Comité à l'éthique, Nathan Cullen, estime pour sa part que « des excuses sincères, une pleine prise de responsabilité auraient été bienvenues, parce que les Canadiens sont des gens qui pardonnent ».

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