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Kahnawake : des personnes « mixtes » pourront devenir membres

Après plus d'une décennie, la loi controversée sur l'appartenance sera bientôt modifiée à Kahnawake , permettant à des résidents de « race mixte » d'être finalement inscrits au registre de la communauté mohawk.

« Cela signifie tout pour moi », a déclaré Angelika Delormier, dont la mère est originaire de Kahnawake et son père de la Pologne.

La jeune femme de 25 ans a vécu toute sa vie dans la communauté au sud de Montréal. Elle a été élevée par sa mère et son beau-père.

« Même si j'étais jeune, j'étais réprimandée pour être différente, mais j'ai compris que ce n'était pas juste », dit-elle.

Depuis 1984, Kahnawake détermine qui sont ses propres membres indépendamment du ministère d'Affaires autochtones et du Nord Canada.

Le gouvernement fédéral compte 11 023 personnes inscrites à la liste de bande de Kahnawake, soit bien plus que les 6685 personnes que la communauté définit comme étant membres en vertu de sa loi sur l'appartenance, qui a été récemment rebaptisée « Kanien'kehá: ka de Kahnawà: ke Law ».

« Il est temps pour Kahnawake de réclamer notre droit à l'autodétermination pour déterminer qui sont nos membres », a déclaré Kahsennenhawe Sky-Deer, chef du Conseil des Mohawks de Kahnawake.

Bien que Angelika Delormier ait un statut d'Indien fédéral, elle n'est pas inscrite au registre de la communauté. Elle ne peut pas voter aux élections des conseils de bande, occuper un poste, participer à des audiences législatives, recevoir des fonds pour des études postsecondaires ou encore devenir membre du conseil d'administration de certains organismes communautaires.

Selon la loi de la communauté, Mme Delormier et d'autres dans sa situation avec un parent non-autochtone ne peuvent demander à devenir membre qu'à partir de l'âge de 18 ans. Cependant, en 2007, l'organisme responsable du traitement des demandes a été dissous jusqu'à ce que la loi modifiée soit promulguée.

La nouvelle loi devrait être promulguée le 3 juillet, après la dernière audience législative qui a eu lieu mardi soir. La chef Sky-Deer espère que les demandes seront acceptées dès l'automne, une fois que les règlements seront finalisés et qu'un nouveau registraire chargé du traitement des demandes sera embauché.

« De nombreuses personnes ont attendu ce moment pour demander leur reconnaissance et être en mesure d'exercer certains droits et avantages ici dans la communauté », a déclaré Sky-Deer.

Pourquoi une si longue attente?

La loi sur l'appartenance a été l'un des premiers textes de loi à passer par la prise de décision communautaire, un processus de consensus pour développer et modifier les lois à Kahnawake. Le long processus a débuté en septembre 2010 et a consisté en des dizaines de séances de consultation sur des aspects de la loi dans son ensemble.

« Nous avons dû prendre le temps de faire preuve de diligence raisonnable et de parcourir chaque section », a déclaré Sky-Deer.

Une poursuite intentée devant la Cour supérieure du Québec pour certains articles de la loi a également ralenti le processus et provoqué l'annulation de dispositions qui révoquaient l'appartenance de membres qui épousaient une personne non autochtone.

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