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Kerry admet que la situation est « hors de contrôle » en Syrie

La situation en Syrie est à « plusieurs égards hors de contrôle », a admis lundi le secrétaire d'État américain John Kerry, au terme d'une rencontre à Genève avec l'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura.

M. Kerry poursuit lundi une série de rencontres visant à sauver ce qui reste de la trêve, qui a volé en éclats après la reprise des violences à Alep, le 22 avril. Quelque 250 civils sont morts dans la ville depuis, et la situation demeure très préoccupante.

« Les deux camps, l'opposition et le régime, ont contribué à ce chaos. Nous travaillons intensément dans les prochaines heures pour tenter de restaurer l'arrêt des hostilités », a-t-il déclaré.

Bien qu'aucune entente définitive sur un nouvel arrêt des hostilités n'a été annoncée, M. Kerry soutient que Moscou et Washington ont convenu de surveiller plus étroitement la situation sur le terrain.

« La Russie et les États-Unis sont d'accord pour mettre du personnel supplémentaire qui travaillera d'ici, à Genève, sur une base quotidienne [...] dans le but de faire en sorte que la capacité de faire appliquer [la trêve, NDLR] soit améliorée », a-t-il dit.

Un responsable américain a déclaré à Associated Press sous le couvert de l'anonymat que les États-Unis envisagent la possibilité de délimiter des « zones de sécurité » pour Alep. Les civils pourraient s'y réfugier pour éviter les frappes aériennes menées par le régime. On ne sait pas ce que Moscou pense de cette option.

Syrie : l'engrenage de la guerre

De Mistura à Moscou mardi

M. de Mistura doit se rendre à Moscou mardi pour s'entretenir avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Le chef du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes en Syrie, le général Sergueï Kouralenko, assure que Moscou cherche à faire taire les armes dans le pays.

Le général Kouralenko a d'ailleurs fait savoir que le « régime de calme » en vigueur depuis samedi dans la région de Damas et dans certaines parties de Lattaquié a été prolongé de 48 heures grâce à un accord entre Moscou, Washington, Damas et l'opposition modérée.

Les discussions visant à placer Alep sous ce régime se poursuivent, a-t-il précisé.

Moscou et Washington sont les parrains du processus qui a mené à une « cessation des hostilités », entrée en vigueur le 27 février. Trois rondes de pourparlers entre le régime et des groupes d'opposants regroupés au sein du Haut Comité de négociations ont eu lieu à Genève depuis, mais aucun progrès notable n'a été accompli.

Les négociations, qui se déroulent de façon indirecte, achoppent sur le sort qui sera réservé au président Al-Assad.

Le régime refuse d'aborder cette question et offre tout au plus d'inclure des opposants dans un gouvernement de transition qui serait dirigé par le président. L'opposition exige plutôt qu'Assad quitte le pouvoir et que l'autorité de transition soit dotée des pleins pouvoirs exécutifs.

M. de Mistura a déjà indiqué que si Moscou et Washington ne parviennent pas à s'entendre sur une nouvelle marche à suivre, il n'est guère probable qu'il y ait des avancées à la table des négociations.

À Alep, les bombardements ont baissé en intensité lundi, après plusieurs raids du régime et des tirs d'artillerie des rebelles au cours de la nuit.

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