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Kim Jong-un et Donald Trump comptent se visiter mutuellement

Le courant semble avoir si bien passé entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, lors de leur sommet à Singapour, que chacun a invité l'autre dans son pays et que chacun a accepté l'invitation de l'autre.

« Kim Jong-un a invité M. Trump à effectuer une visite à Pyongyang à un moment opportun, et M. Trump a invité Kim Jong-un à aller aux États-Unis », a indiqué l'agence officielle nord-coréenne KCNA mercredi matin.

À l'issue de la rencontre à Singapour, le président américain avait déclaré qu'il était effectivement prêt à inviter le leader nord-coréen à une première visite à la Maison-Blanche.

« Nous allons nous rencontrer souvent », avait indiqué M. Trump après avoir répondu « absolument » à une question sur une possible invitation de M. Kim à Washington.

Benoît Hardy-Chartrand, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM et professeur à l’université Temple à Tokyo, a estimé que ces visites s'inscriraient dans « la suite logique des choses ».

« Une visite du président américain à Pyongyang aurait une très, très grande portée symbolique pour le régime nord-coréen, a-t-il dit en entrevue à l'émission 24/60. Une visite à Pyongyang serait perçue comme une confirmation du nouveau statut international de la Corée du Nord. »

Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, était du même avis.

« Et il n’a pas eu à céder un quelconque pouce de terrain à Donald Trump sur l’exigence – qui n’a pas été formulée dans la déclaration commune – de démantèlement vérifié, complet et irréversible de ses armes nucléaires, a ajouté M. David. On a simplement fait mention de dénucléarisation de la péninsule coréenne. »

Les deux experts étaient aussi d'accord pour dire que Kim Jong-un est sorti gagnant de l'opération de mardi.

Mais « déjà, que ce dialogue ait eu lieu est en soi une victoire pour la paix, a noté M. David. Ils ne parlent plus de se tirer des fusées à la figure, mais vont dialoguer. Et on espère que ce dialogue sera maintenu ».

Cessation des « actions militaires agaçantes et hostiles »

Les relations désastreuses entre les deux pays se sont étalées « sur la période la plus longue » de l’histoire, a écrit KCNA, ajoutant que le sommet de mardi permettra « un tournant radical dans les relations extrêmement hostiles » entre les deux pays.

Le dirigeant nord-coréen estime que la dénucléarisation de la péninsule coréenne dépend de la volonté de Washington comme de Pyongyang d’agir en ennemis en posant des « actions militaires agaçantes et hostiles », a aussi rapporté l’agence nord-coréenne.

Donald Trump aurait « compris » la position de M. Kim et c’est à ce moment qu’il lui aurait promis de mettre un terme aux manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, selon le leader nord-coréen cité par KCNA.

Le président des États-Unis a affirmé mardi qu'il mettra fin aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, sauf si les négociations avec les Nord-Coréens ne se déroulent pas comme elles le devraient. Ces exercices à grand déploiement ont lieu deux fois par année et sont en quelque sorte vus par Pyongyang comme des répétitions générales en vue d'une invasion au nord.

M. Trump a aussi mentionné que Kim Jong-un s'est engagé à détruire un site de tests de missiles.

Leur entente sur une dénucléarisation de la péninsule coréenne a été accueillie sur la scène internationale avec un enthousiasme prudent.

Charles-Philippe David a exprimé certains doutes sur les intentions M. Kim à ce sujet.

« On n’a aucune garantie, aucun mode d’emploi, aucune précision sur le processus [de dénucléarisation]. Pour l’instant, il les conserve, ses armes nucléaires. Et surtout, il conserve la connaissance pour les fabriquer. »

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