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Kim Kardashian déclenche une controverse à saveur de médicament

En faisant la promotion d'un anti-nauséeux sur son compte Instagram, la vedette de téléréalité Kim Kardashian n'a pas fait que récolter 467 000 mentions « j'aime » : elle risque aussi d'enfreindre les règles encadrant la publicité des médicaments.

Le Diclegis est un médicament largement prescrit au Canada et utilisé pour soulager les nausées et les vomissements des femmes enceintes. La molécule est commercialisée par la compagnie Duschenay, dont le siège social et les installations de recherches se trouvent à Blainville.

Sur la publication Instagram de Mme Kardashian, qui attend son deuxième enfant avec le rappeur Kanye West, la vedette pose son visage au maquillage impeccable à côté d'un flacon de Diclegis. Sous la photographie, son commentaire dithyrambique :

 « Oh mon Dieu! Avez-vous entendu parler de ça? Comme vous le savez sûrement, mes nausées matinales sont très pénibles. J'ai essayé de changer mon style de vie, ma diète, mais rien n'y fait, alors j'en ai parlé avec mon médecin. Il m'a prescrit du Diclegis, je me sens mieux, mais ce qui est le plus important, c'est que ça a été étudié et qu'il n'y a aucun risque accru pour le bébé », écrit-elle dans un message datant d'il y a deux semaines.

« Je suis tellement excitée et heureuse des résultats que je m'associe à Duchesnay USA pour susciter l'intérêt entourant le traitement des nausées matinales. Si vous souffrez de nausées matinales, assurez-vous de vous renseigner auprès de votre médecin à propos de la pilule sur laquelle figure une femme enceinte, et découvrez en plus sur le site web », poursuit-elle.

Pour des raisons de santé publique, la publicité faisant la promotion de médicaments d'ordonnance est réglementée au Canada. Les messages publicitaires contribuent à l'augmentation de la consommation et à une utilisation inappropriée de médicaments.

Le réseau social Instagram étant accessible de n'importe où dans le monde, il s'agit d'une stratégie de marketing qui permet de contourner les règlements entourant la publicité propre à chaque pays.

Souvent, ces réglementations publicitaires obligent les annonceurs à afficher les possibles risques et effets secondaires des médicaments. Au Canada, il est permis de mentionner le nom du produit, mais il est notamment interdit de décrire son usage thérapeutique.

Kim Kardashian a 47 millions d'abonnés sur Instagram, outil qui peut s'avérer un puissant véhicule publicitaire. Mais la promotion de médicaments sur ce réseau d'amateurs de photographies léchées se dessine peut-être comme une nouvelle tendance.

Et les balises y sont pour le moment absentes. Les autorités, notamment Santé Canada et le Conseil consultatif de publicité pharmaceutique, devront se pencher sur ces nouveaux moyens de faire la promotion de molécules, souvent à partir d'expériences personnelles et de témoignages.

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