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Kinder Morger a trop tardé à donner l'ampleur exacte d'un déversement, dit Victoria

Kinder Morgan a pris trop de temps pour fournir l'estimation précise du volume de pétrole déversé lors d'une fuite dans une de ses stations de pompage, selon le ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique, George Heyman.

Un texte d'Anais Elboudjaini et Michaële Perron-Langlais

La province avait initialement annoncé une perte de 100 litres de pétrole brut, mais ce sont finalement 4800 litres qui ont été déversés dans le sol.

Le rapport de déversement initial transmis par Kinder Morgan au gouvernement le 27 mai indiquait « qu’au moins 100 litres de pétrole brut s’étaient échappés d’un débitmètre », selon le ministère de l’Environnement.

Un porte-parole du projet Trans Mountain a réitéré que la compagnie avait dû attendre que le nettoyage ait suffisamment progressé avant de communiquer la quantité exacte de pétrole qui s’est échappé de la station de pompage Darfield, au nord de Kamloops.

Le 1er juin, cinq jours après son rapport initial, Kinder Morgan a fourni un estimé précis au gouvernement indiquant que le volume du déversement était passé « d’au moins 100 litres » à 4800 litres.

En vertu de la Loi sur la gestion environnementale de la province, les compagnies qui transportent des produits pétroliers doivent avertir le ministère de l’Environnement lors d’un déversement. Les exigences du gouvernement de la Colombie-Britannique prévoient que toute perte de plus 100 litres de pétrole brut doit être signalée.

Un délai « inacceptable », selon le ministre de l’Environnement

« Le temps qu’il a fallu pour recevoir des informations précises de la part de la compagnie est inacceptable », a indiqué par communiqué le ministre de l’Environnement de la Colombie-Britannique, George Heyman.

Le ministère soutient que ses représentants ont rappelé à Kinder Morgan l'importance de produire des rapports précis dans des délais appropriés.

Le ministre Heyman ajoute qu’une évaluation aura lieu pour déterminer si la réponse de Kinder Morgan est conforme aux nouvelles exigences de signalement de déversement de la Colombie-Britannique, qui sont entrées en vigueur en octobre 2017.

L’importance d’un plan d’intervention

Les nouvelles règles mises en place l’automne dernier visent à améliorer les plans d’urgence en cas de déversements. Elles comportent entre autres des simulations du pire scénario possible.

Puisque le risque de déversement est « non nul » dans le cas de transport du pétrole, l’importance d’un plan d’intervention est cruciale, d’après le professeur en économie de l’environnement de l’Université de Sherbrooke, Alain Webster.

« L’importance de mettre des budgets et de faire les liens avec l’ensemble des autorités y compris les autorités au niveau municipal est primordiale », précise Alain Webster.

Pour sa part, Charles Latimer, porte-parole pour Greenpeace, croit que le gouvernement provincial n’est pas prêt à faire face à un déversement important, mais il garde espoir.

« Non, ils ne sont pas prêts à un déversement de pétrole des sables bitumineux, puisque c’est un pétrole lourd [...], mais le gouvernement le sait, et essaie de mettre une réglementation pour arrêter ce pipeline », dit-il.

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