Les premiers ministres des provinces se réunissent cette semaine en Conseil de la fédération, à Terre-Neuve-et-Labrador. Ils discuteront notamment des prochaines élections fédérales, qui devraient ramener le sujet de l'abolition du Sénat sur le tapis. Une question qui divise les provinces.

Le gouvernement de Stephen Harper a renoncé à réformer le Sénat. Mais le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, veut l'abolir.

Engager le pays dans cette tâche ne sera toutefois pas facile, selon Stéphane Beaulac, professeur de droit à l'Université de Montréal. Il explique qu'on ne peut pas modifier unilatéralement le rôle et les fonctions du Sénat sans l'accord des provinces. « La répartition est fixe au Sénat. On ne pourrait pas la changer à moins d'y aller d'une modification constitutionnelle. »

Parmi les provinces canadiennes, seules le Manitoba et la Saskatchewan sont résolument dans le camp abolitionniste.

Le Québec n'est pas convaincu et préfère parler de réforme. Son ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, juge essentielle l'existence d'une deuxième chambre au Parlement qui représente les intérêts des régions.

« À partir du moment où on se demande "est-ce qu'il serait bon que le gouvernement fédéral tienne compte des réalités des régions?", je pense que ce serait important d'avoir une institution », dit Jean-Marc Fournier.

L'Ontario parle aussi de réformer le Sénat, mais sa première ministre, Kathleen Wynne, ne semble pas pressée. « Le Sénat, ce n'est pas une priorité de discussions en Ontario. C'est une discussion pour le pays et pour le gouvernement fédéral. »

L'Alberta et la Colombie-Britannique ne se dépêchent pas non plus de prendre position dans le dossier. 

Les provinces de l'Atlantique se disent favorables à une réforme, mais pas question pour leurs premiers ministres de voir diminuer leur poids au sein du Sénat comme c'est le cas à la Chambre des communes.

D'après le reportage d'Hugo Lavallée

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