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L'accord sur le nucléaire iranien suspendu à la décision de Trump

Le président des États-Unis devrait annoncer vendredi s'il impose ou non de nouvelles sanctions contre l'Iran. Selon l'agence Bloomberg, Donald Trump maintiendrait la levée des sanctions américaines et donnerait ainsi un nouveau sursis à l'accord qui encadre étroitement le programme nucléaire civil iranien.

D’après la même source, il pourrait cependant imposer des sanctions concernant des éléments qui ne sont pas couverts par l'accord, comme sur le respect des droits de la personne ou le soutien qu’apporte Téhéran à des groupes extrémistes à l'étranger.

Questionné par les journalistes sur la décision que doit annoncer Donald Trump, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré : « Je pense que vous pouvez vous attendre à ce qu'il y ait davantage de sanctions mises en place ».

Donald Trump, qui est un adversaire avoué de cet accord âprement négocié pendant plus de deux ans entre l’Iran et l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, a refusé en octobre dernier de « certifier » que Téhéran en respectait les termes.

En vertu de l'entente sur le nucléaire iranien, les sanctions qu’appliquait Washington depuis 2012 contre l’Iran, soupçonné de développer un programme d’armement nucléaire en secret, sont suspendues par la Maison-Blanche et réévaluées tous les quatre mois par le président, qui peut les remettre en place s’il estime que Téhéran ne respecte pas ses engagements.

Or, le dernier renouvellement de cette suspension arrive à terme ce week-end et le président Trump doit par conséquent annoncer s’il le prolonge ou non.

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de retirer son pays de cet accord négocié par son prédécesseur, Barack Obama, auquel il ne croit pas. Il avait d'ailleurs qualifié ce texte de « pire accord international jamais signé par les États-Unis » lors de sa campagne électorale.

Les sanctions américaines de 2012 avaient pour but d'isoler la banque centrale de l'Iran du système financier mondial et empêchaient l'accession du pays à des capitaux étrangers et aux grands marchés commerciaux internationaux. Les sanctions visaient aussi les industries pétrolières et pétrochimiques du pays.

Les Européens tiennent à cet accord

Mais Donald Trump n’est pas seul à décider dans ce dossier, il doit aussi composer avec les pays cosignataires de l'accord de Vienne, notamment les Européens qui, eux, veulent maintenir le traité en place.

Le président français Emmanuel Macron, notamment, a rappelé jeudi par téléphone à Donald Trump « la détermination de la France en faveur d'une application stricte de l'accord et l'importance de son respect par l'ensemble de ses signataires », selon l'Élysée.

« Il n'y a pas aujourd'hui d'indication qui pourrait faire douter du bon respect par la partie iranienne de l'accord, puisque l'Agence internationale pour l'énergie atomique confirme régulièrement sa bonne mise en œuvre », a pour sa part déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

À neuf reprises, depuis la signature des accords de Vienne, des inspecteurs de l'AIEA ont certifié que les Iraniens respectaient les termes du traité.

S’ils soutiennent l'accord de Vienne, les Européens n’en demeurent pas moins préoccupés eux aussi par certains dossiers, notamment par le développement de missiles balistiques par l'Iran ou son soutien au régime du président syrien Bachar Al-Assad, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen.

L’Iran, de son côté, se dit prêt « à tous les scénarios » et a promis des représailles si les États-Unis lui imposaient de nouvelles sanctions.

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