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L'accusation de corruption contre Tony Accurso est retirée

Au beau milieu du procès de l'entrepreneur Tony Accurso, le tribunal a annoncé que l'accusation d'avoir corrompu le défunt maire de Mascouche est retirée. L'homme d'affaires va témoigner pour se défendre du dernier chef d'accusation qui pèse contre lui, au palais de justice de Joliette.

Un texte de Geneviève Garon

« C’est une décision de droit », a simplement mentionné le juge de la Cour supérieure James Brunton aux 12 jurés, au moment de retirer le chef d’accusation de corruption. Il ne leur a fourni aucune autre explication.

Le jury devra donc rendre un verdict à l’unanimité sur le seul chef d’accusation qui pèse dorénavant contre Tony Accurso : avoir aidé l’ex-maire de Mascouche, Richard Marcotte, à commettre un abus de confiance entre 2006 et 2008.

La poursuite tente de prouver que l’accusé a offert des pots-de-vin au politicien pour influencer l’octroi de contrats. M. Accurso lui a payé trois voyages sur son bateau dans les îles Vierges, le Touch, et lui aurait donné 270 000 $.

Mercredi, l’avocat de Tony Accurso a annoncé aux jurés comment il entendait prouver l’innocence de son client.

Richard Marcotte était un bon ami

La grande amitié entre Richard Marcotte et Tony Accurso remonterait au début des années 1980, selon l’avocat de la défense, Marc Labelle. À l’époque, M. Marcotte entraînait le fils de M. Accurso au tennis.

Si l’homme d’affaires reconnaît avoir invité le politicien sur son bateau, il assure que ce serait strictement par amitié. « Ça n’avait rien à voir avec les contrats de Mascouche », a affirmé Me Labelle, qui insiste sur le fait que les deux comparses n’allaient pas sur le Touch pour parler « affaires ».

Leur amitié était si profonde que M. Accurso n’aurait pas hésité lorsque Richard Marcotte lui a demandé un prêt de 300 000 $ en 2008 pour investir dans un projet immobilier. Suivant les directives de M. Marcotte, l’accusé aurait signé le chèque au nom de la société Verona Equities.

Me Labelle assure que son client ne connaissait ni cette compagnie panaméenne ni son administrateur André Desbiens. Selon la preuve présentée par la poursuite, l’entreprise a rapidement transféré 270 000 $ sur le compte d’une société appartenant à Richard Marcotte.

« La somme de 300 000 $ n’a pas la même signification pour lui que pour le commun des mortels », a expliqué Me Labelle aux membres du jury, en référence à la fortune de son client.

Il a ajouté que les « petits » contrats octroyés par la Ville de Mascouche n’étaient pas « significatifs » dans le chiffre d’affaires de l’empire Accurso.

Accurso va témoigner

L’entrepreneur de 66 ans témoignera pour sa défense vers la fin du procès. La défense fera d’abord entendre cinq témoins.

Le premier à avoir été appelé mercredi après-midi est Luc Bialowas, ancien employé de Simard-Beaudry qui avait rempli la soumission pour l’obtention des travaux de plusieurs millions de dollars de à la Régie d’assainissement des eaux Terrebonne-Mascouche et la Régie d’aqueduc intermunicipale des Moulins dans les années 2000.

Il a assuré que ni son grand patron Tony Accurso ni le maire Marcotte ne s’étaient mêlés des processus d’appels d’offres remportés par l’empire.

Son témoignage se poursuivra jeudi.

Le fils de l’accusé, James Accurso, sera aussi appelé à la barre des témoins, tout comme sa gouvernante.

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