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L’acquittement de Gerald Stanley dénoncé comme une entrave à la réconciliation

Des manifestants se sont rassemblés dans les grandes villes de l'Ouest pour dénoncer l'acquittement de Gerald Stanley qui a été déclaré non coupable vendredi du meurtre de Colten Boushie.

Cet Autochtone de 22 ans a été tué d’une balle dans la tête le 9 août 2016 dans la ferme de M. Stanley, en Saskatchewan, alors qu’il était avec quatre autres jeunes de la Première Nation de Red Pheasant.

À Saskatoon, plus de 1000 personnes se sont rassemblées devant la Cour du Banc de la Reine en soutien à la famille de Colten Boushie. Autochtones, non-Autochtones, adultes et enfants se tenaient côte à côte, demandant que justice soit rendue.

Le deuxième vice-chef de la Fédération des Nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), David Pratt, s’est adressé à la foule, demandant plus d’actions de la part du gouvernement fédéral.

Bien que le rassemblement se soit déroulé dans le calme, les manifestants étaient si nombreux dans les rues de la Ville des Ponts que les policiers ont dû gérer la circulation.

Le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a déclaré dans un communiqué, avoir entendu les préoccupations de l’ensemble de la province.

Il a aussi indiqué avoir entamé des discussions avec le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, le chef de la FSIN, Bobby Cameron, et le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Marc Arcand.

Ailleurs au pays

À Edmonton, quelques centaines de personnes se sont déplacées en soutien à la famille de Colten Boushie devant le poste de police du centre-ville, avant de se rendre devant le palais de justice.

Les manifestants y ont durement critiqué le système judiciaire canadien : « Si cela avait été un groupe de jeunes blancs qui se rendaient dans une réserve et qu’un Autochtone leur avait tiré dessus, il n’aurait jamais été acquitté, je vous le garantis », a affirmé Jodi Calahoo-Stonehouse qui participait à la manifestation.

Des rassemblements d'une même ampleur se sont aussi déroulés à Vancouver, tout comme à Winnipeg. « Des choses comme hier, c'est pas vraiment un pas de réconciliation », a lâché Mona Moquin, une participante à Winnipeg. « Au contraire, ça blesse beaucoup les peuples autochtones. »

Le chef du NPD du Manitoba, Wab Kinew, y est allé de son propre témoignage : « Ça pourrait être moi. J'étais dans beaucoup de situations comme [celle] où Colten a perdu sa vie », a confié le politicien autochtone.

Trudeau appuie la famille Boushie

En Californie, le premier ministre Justin Trudeau a lancé dans un tweet qu'il ne « peut imaginer le deuil et la tristesse de la famille Boushie [...] Des États-Unis, mes pensées sont avec eux ».

Il a aussi déclaré à des reporters aux États-Unis combien « nos pensées se tournent vers sa mère Debbie, ses amis et la communauté tout entière […] Nous avons été confrontés à une telle situation trop souvent dans notre pays. »

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, s'est dit « choqué » par la décision. « Comment un jury peut-il acquitter cet homme quand un jeune homme a été tué? »

Une campagne de financement sera organisée par le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba pour aider la famille de Colten Boushie à faire appel.

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