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L’aéroport Pearson paie des millions à Ottawa pour réduire l’attente à la sécurité

Face aux plaintes des voyageurs, les aéroports de Toronto et de Vancouver ont décidé de débourser des millions de dollars pour réduire les files à la sécurité, alors que le gouvernement Trudeau sabre le budget de l'agence responsable de ces points de contrôle.

Le dernier budget fédéral amputait ainsi de 10 millions la subvention accordée à l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), en dépit de l’augmentation du volume des voyageurs et des hausses salariales annuelles des employés.

Selon ce qu’a appris CBC, Pearson verse de sa poche 10 millions de dollars cette année à l'ACSTA pour permettre à la société publique d’accroître ses effectifs.

L’Autorité aéroportuaire du grand Toronto (GTAA) refuse de confirmer cette somme, mais admet que l’attente à la sécurité a pu dépasser 60 minutes aux heures de pointe en 2016.

Pour s’attaquer au problème, Pearson a une entente de financement avec l’ACSTA depuis 2014. L’aéroport de Vancouver a signé récemment un accord similaire visant à limiter l'attente aux contrôles de sécurité.

De son côté, le porte-parole de l’ACSTA, Mathieu Larocque, dit que l’agence fédérale « travaille de pair avec Transports Canada pour trouver une solution ».

Un problème qui empire

« Sans changement au financement de l'ACSTA, le système va continuer à se détériorer », selon Daniel-Robert Gooch, le président du Conseil des aéroports du Canada.

  • En 2014, 95 % des voyageurs passaient les contrôles de sécurité en moins de 15 minutes dans les huit grands aéroports canadiens.
  • Durant les 6 premiers mois de 2017, ce nombre avait baissé à 89 % (malgré les investissements de Pearson).
  • En 2016, seulement 72 % des passagers à Pearson attendaient 10 minutes ou moins à la sécurité; 2,7 millions de voyageurs ont attendu plus de 15 minutes, certains devant même patienter jusqu'à 1 h.
  • ACSTA a inspecté 47,7 millions de passagers dans les aéroports au Canada en 2010-2011. Ce nombre doit augmenter de 46 % d'ici 2020-2021, prévoit l'agence fédérale.

Les voyageurs paient des droits pour la sécurité des passagers du transport aérien, des frais ajoutés à leur billet d'avion qui peuvent atteindre 25 $, mais les recettes ne vont pas directement à l'ACSTA. Ce devrait être le cas, selon M. Gooch, pour mettre fin au sous-financement de l'agence. « Je pense que c'est le coeur du problème », dit-il.

Selon un document de Transports Canada obtenu par CBC, le budget de l'ACSTA a été amputé graduellement de 2009 à 2015 :

« Au cours des dernières années, indique le document, les volumes de passagers et les frais des sous-traitants ont augmenté d'environ 3 % annuellement sans une hausse parallèle [des budgets] de l'ACSTA. La combinaison de ces facteurs a mené à une réduction des ressources disponibles pour répondre à une demande grandissante. Le résultat : une détérioration du service. »

Le gouvernement Harper avait accordé des fonds supplémentaires en 2015 et le gouvernement Trudeau en 2016, mais les libéraux ont ensuite réduit cet octroi additionnel de 29 millions à 19 millions dans leur budget 2017.

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