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L’Afghanistan sous tension, des experts appellent à la négociation

Sous haute tension après une série d'attentats-suicides qui ont secoué Kaboul au cours des derniers jours, dont le plus récent lundi à l'Académie militaire, l'Afghanistan est en quête de solutions. Une sortie de crise qui doit passer par des négociations, croient des experts.

Pour l’ancien diplomate canadien et haut-commissaire du Canada au Pakistan, Ferry de Kerckhove, la seule solution possible réside dans des négociations entre les talibans et le gouvernement afghan. Mais pour cela, il faudra le retrait définitif des Occidentaux, particulièrement des Américains.

« Ce qui en sortira ne sera certainement pas très beau, les femmes souffriront encore davantage, mais je crois qu’on arrive à une phase où les talibans de l’ancienne école vont peut-être se rendre compte qu’ils ont besoin de gouverner s’ils n’ont pas envie que leur population se retourne contre eux », explique M. de Kerckhove.

Karim Pakzad, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques en France et ancien professeur à l’Université de Kaboul, croit que les talibans ont profité d’un État afghan assez faible pour se renforcer. Ils parviennent maintenant à faire des attaques simultanées partout au pays pour démontrer leur puissance, notamment aux Américains.

Le problème, « c’est que pour négocier, il faut être deux, et le pouvoir afghan se désintègre », affirme-t-il.

Outre les talibans, il y a aussi le groupe armé État islamique qui frappe en Afghanistan.

Des négociations au-delà des frontières afghanes

Selon M. Pakzad, les acteurs régionaux, dont l’Iran, le Pakistan, la Russie et la Chine, doivent tous faire partie d’une discussion sur la région.

De ces pays, Ferry de Kerckhove croit d’ailleurs qu’il faut tourner le regard vers le Pakistan.

« Le Pakistan est infiniment plus important que l’Afghanistan de nos jours. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de menaces en la demeure de l’Afghanistan, mais le vrai problème, il n’est plus en Afghanistan. Il est dans le terrorisme international et il est particulièrement au Pakistan, où il y a un besoin profond d’une entente entre les Américains et les Pakistanais, au lieu de cette espèce de crisette qu'a provoquée Donald Trump », avoue-t-il.

Pour lui, un départ définitif des Occidentaux et une frontière étanche entre l’Afghanistan et le Pakistan pourraient entraîner une meilleure solution au conflit actuel en territoire afghan.

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