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L’Alberta en voie d’avoir la plus mauvaise qualité de l’air au pays

La qualité de l'air en Alberta pourrait devenir la pire au Canada au cours des prochaines années, a lancé mercredi la ministre albertaine de l'Environnement à la lumière d'un rapport accablant pour la province.

Un texte de Samuel Danzon-Chambaud

Une étude analysant notamment la quantité de particules fines dans l'air met particulièrement en cause la construction et la poussière sur les routes, mais aussi l'agriculture. Toutes les régions de l'Alberta se trouvent dans une situation inquiétante, selon le rapport, à part celle de Peace.

La région de Red Deer dépasse même les normes nationales sur la qualité de l'air, tandis que quatre autres régions sont en voie de l'être.

« Ces résultats sont inquiétants », a écrit la ministre Shannon Phillips dans un communiqué. « Nous ne pouvons pas continuer sur la même voie et nous attendre à avoir un résultat différent », a-t-elle ajouté.

La région de Red Deer a besoin d'un plan d'action immédiat pour réduire le niveau de pollution, a précisé l'Alberta.

Les régions de la Basse-Athabasca, de la Haute-Athabasca, de la Saskatchewan-Nord et la Saskatchewan-Sud requièrent quant à elles des plans de gestion. Ceux-ci viseront à « les protéger de possibles futurs excédents », a noté le gouvernement albertain.

Les solutions envisagées par la province comprennent des normes plus rigoureuses pour l'industrie et de nouvelles normes pour les véhicules. Une surveillance accrue de la qualité de l'air pourrait aussi voir le jour.

L'Alberta « trop lente »

« L'Alberta a été trop lente à poser des gestes contre les sources de pollution existantes et de nouvelles [sources] ont été ajoutées sans tenir compte des effets cumulatifs », a noté Chris Severson-Baker, le directeur de l'Institut Pembina pour l'Alberta. Les exploitations de pétrole et de gaz naturel, les usines de charbon et les tuyaux d'échappement des véhicules sont cités par le groupe écologiste.

L'Association canadienne des médecins pour l'environnement se dit pour sa part « consternée, mais pas surprise » par le rapport. Les particules fines sont dangereuses pour les systèmes cardiovasculaires et respiratoires des humains et mènent à davantage de morts prématurés, d'hospitalisation et de maladies chroniques, selon elle.

Pour réaliser le rapport, l'Alberta a analysé les niveaux de particules fines et d'ozone entre 2011 et 2013, à partir de plusieurs stations réparties à travers toute la province.

La quantité d'ozone a, quant à elle, respecté en moyenne les normes en vigueur.

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