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L'Alberta impose une taxe carbone à la pompe et augmente celle des pollueurs

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a dévoilé dimanche après-midi sa plateforme de lutte contre les changements climatiques, qui comprend notamment une taxe carbone sur l'essence à la pompe. La province augmentera également le prix de l'émission de gaz à effet de serre (GES) pour les grands pollueurs.

Un texte d'André Dalencour

La province prévoit une hausse graduelle des prix de l'émission de 1 tonne de GES. De 20 $ en 2017, elle passera à 30 $ en 2018.

Les émissions annuelles de GES par l'industrie des sables bitumineux seront limitées à 100 mégatonnes. D'autre part, ces émissions ne pourront pas augmenter de plus de 40 %, sauf pour la mise en valeur et le raffinage.

La première ministre s'est engagée à supprimer la pollution causée par le charbon d'ici 2030. En ce moment, 55 % de l'électricité albertaine est produite avec ce combustible. Dans les prochaines années, 12 centrales devront fermer, et 6 autres devront s'adapter.

La province veut donner un coup d'accélérateur à son virage vers les énergies renouvelables, principalement l'éolien. L'objectif est que, d'ici 2030, les énergies renouvelables représentent 30 % de la production totale d'énergie en Alberta.

Si le plan de l'Alberta fonctionne, ses émissions commenceront à diminuer à partir de 2020, puis se stabiliseront en 2030.

Mme Notley soumettra le document à la rencontre des premiers ministres à Ottawa, lundi, et à la conférence internationale sur le climat à Paris, à la fin du mois.

Taxe carbone à la pompe

Advenant l'approbation de cette stratégie, elle sera financée par les entreprises, mais aussi par les citoyens.

Le prix de l'essence à la pompe augmentera de 4,7 cents le litre. Le coût annuel moyen du chauffage résidentiel augmentera de 320 $ d'ici 2017 et de 470 $ en 2018.

La province envisage cependant de mettre en place des rabais spéciaux pour les particuliers.

La taxe sur le carbone rapportera environ 3 milliards de dollars par an. Cette somme sera réinvestie dans le secteur des énergies renouvelables et dans des programmes visant à aider les Albertains à réduire leur consommation énergétique.

Le gouvernement envisage de créer un fonds d'ajustement, auquel les citoyens et les familles pourront accéder afin de bénéficier d'un coup de pouce financier. Les petites et moyennes entreprises, les Premières Nations et les employés de l'industrie du charbon pourront aussi en profiter.

Les pétrolières approuvent

Le succès de ce programme est perçu comme crucial pour améliorer la réputation environnementale de l'Alberta et pour contribuer à l'acceptation des exportations énergétiques de la province.

« Le président américain nous a donné un coup de pied dans les dents quand il a refusé Keystone XL », a d'ailleurs rappelé Mme Notley lors de la présentation de sa stratégie.

Dans ce contexte, l'appui des sociétés d'exploitation de sables pétrolifères du Canada était primordial. En effet, les dirigeants de la Canadian Natural Resources Limited, de Cenovus Energy inc., de Shell Canada Limitée et de Suncor Énergie inc. ont fait savoir qu'elles soutenaient pleinement la démarche du gouvernement albertain.

Ces entreprises s'entendent pour dire que cette stratégie « historique » sera à même de changer l'image des sables bitumineux.

« L'annonce d'aujourd'hui trace la voie qui fera en sorte que le pétrole canadien deviendra le plus concurrentiel du monde sur le plan environnemental et économique », a affirmé dans une déclaration écrite Lorraine Mitchelmore, la présidente de Shell au Canada.

Un geste salué par les environnementalistes

Le plan est aussi cautionné par des organismes de protection de l'environnement comme Equiterre ou Greenpeace.

Les dirigeants de ce dernier croient que les mesures envisagées aideront à ralentir les émissions de GES de l'Alberta, tout en diversifiant l'économie et en créant des emplois. Cependant, des cibles de réduction sont réclamées.

« Les cibles sont un signal important pour les entreprises, donnent une indication claire de la direction prise par l'Alberta et sont le gage que cette direction est conforme à ce que demandent les scientifiques », a déclaré Mike Hudema, le porte-parole de Greenpeace.

L'ancien vice-président américain, Al Gore, a lui aussi réagi à l'annonce du plan de l'Alberta en le qualifiant de « signal fort qui montre que l'humanité commence à prendre l'avantage dans sa lutte pour résoudre la crise environnementale ». Il souhaite que cela soit le premier pas d'une marche résolue vers l'abandon des énergies fossiles.

 

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