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L'Alberta propose un 3e sexe sur les certificats de naissance

L'Alberta pourrait bien devenir la première province canadienne à autoriser un troisième genre sur le certificat de naissance si le nouveau projet de loi introduit mardi à l'Assemblée législative est adopté.

Un texte de Camille Feireisen

Le projet de loi 29, Loi sur la statistique de l'état civil et la modernisation, prévoit plus de 60 modifications aux lois sur l'état civil et le mariage. Selon les modifications proposées, les personnes ne se reconnaissant ni de sexe masculin ni féminin pourront avoir la mention « X » sur leur certificat de naissance.

Toutefois, même si la loi est adoptée, le changement n'aura pas lieu tout de suite.

Le gouvernement fédéral examine encore comment il peut ajouter un troisième genre sur les passeports des citoyens canadiens. La province attendra donc qu'Ottawa fasse ce changement avant d'aller de l'avant avec ses nouveaux certificats de naissance.

Le directeur de l'Institut d'études sur les minorités sexuelles de l'Université de l'Alberta, Kristopher Wells, se réjouit que l'Alberta aille de l'avant dans la reconnaissance des personnes LGBTQ.

D'autant que les questions LGBTQ touchent une grande partie des familles et des communautés, selon lui. « Les questions concernant les personnes LGBTQ touchent six personnes sur dix dans notre société », indique-t-il.

La reconnaissance du genre neutre commence à faire son chemin à travers le monde se réjouit Kristopher Wells et l'Alberta est un chef de file, selon lui.

« Nous étions l'une des provinces les plus conservatrices il y a dix ans et nous sommes maintenant l'une des plus progressives, notamment grâce au fait que les minorités sont plus visibles. »

Kristopher Wells rappelle toutefois que la conversation n'est pas finie. La mention « X » est, certes, « un grand pas en avant », mais elle pourrait toujours exposer à d'autres discriminations quand une personne voyage par exemple. « Pourquoi pas une autre quatrième option où nous n'aurions pas du tout de genre à inscrire? », interroge-t-il.

Il estime néanmoins que les conversations vont bon train un peu partout dans le monde sur ces questions-là, « il faut continuer à faire comprendre que le genre est une construction sociale avant tout », conclut-il.

En 2015, le gouvernement a abandonné l'exigence qu'une personne ait subi une intervention de changement de sexe avant d'être autorisée à modifier son statut sur ses papiers d'identité.

Un autre changement également proposé dans la nouvelle loi touchera cette fois les adultes ayant une déficience intellectuelle, une maladie mentale ou une lésion cérébrale et devant être représentés par un tuteur. Ils seront autorisés à se marier sans recourir à une validation d'un médecin.

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